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Guide des "Chantiers Verts">>Thème>>Rex Wambrechies

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CALEPINAGE des doublages isolants
et PRE-TRI des déchets
RUE DU PONT-LEVIS A WAMBRECHIES – NORD

Ce "chantier vert", actuellement en cours de réalisation (mai 97), s’est attaché à limiter en amont la production de déchets en optimisant la mise en œuvre par le calepinage des doublages isolants. Il a en outre évalué les possibilités de valorisation des déchets à partir d’un tri sélectif sur le chantier. L’utilisation de matériaux recyclés a par ailleurs été étudiée. L’équipe a eu le souci d’associer les petites et moyennes entreprises à l’expérimentation en rédigeant un cahier des charges "chantier vert" adapté à ce type de structure.

Cette opération, portée par la maîtrise d’ouvrage, est réalisée en corps d’état séparés.

• Lotissement de 38 logements individuels R et R+1.

• Façades en brique et enduit, selon l’exposition.

• Isolation intérieure par doublages isolants avec plaques de plâtre.

• SHOB 4 131 m2.

• SHON 2 960 m2.

• SHA 2 526 m2.

LE CALEPINAGE DES DOUBLAGES ISOLANTS

Dans la phase de conception de l’expérimentation, le produit pour lequel la production de déchets devait être réduite, a été choisi selon plusieurs critères : difficulté de recyclage, volume, classe et nocivité des déchets générés... Ainsi l’équipe a porté son choix sur des composants de grandes dimensions : les panneaux de doublage (plaques de plâtre avec isolant en PSE, polystyrène expansé).
Le calepinage(*) est expérimenté sur 14 logements T3 et T4 et, selon les résultats observés, sera poursuivi sur les autres logements.

* Le calepinage est la planification de la mise en œuvre des produits de façon à limiter les chutes et la production de déchets.

• Calepinage théorique et quantification des panneaux

Un cahier d’identification et de comptabilisation des panneaux par type de logement a été élaboré. Il comprenait notamment :
– le repérage par façade des panneaux sur les vues en plan par niveau et par type de logement,
– les plans de calepinage par façade avec repéra-ge des panneaux standard et des découpes pour chaque niveau, et la représentation de ces découpes dans un nombre optimum de panneaux standard.

Ce cahier ainsi qu’un récapitulatif donnant la quantité totale de panneaux nécessaires (nombre de panneaux standard comprenant ceux issus du calepinage des découpes) ont été insérés dans le dossier technique de l’expérimentation : le cahier "chantier vert", joint au DCE (Dossier de Consultation des Entreprises), en annexe au CCAP.

Les ratios de chutes prévisibles, chiffrés à 20 % en moyenne dans les offres des entreprises, ont pu être ramenés, par le calepinage théorique figurant dans le DCE, à 12 % en moyenne.

• Découpe et approvisionnement des panneaux

La méthode de travail pour la découpe des panneaux a été laissée au choix de l’entreprise : découpe en atelier et approvisionnement en "kits" par logement dans les garages ou découpe sur chantier.

La découpe sur chantier a été retenue, aucun industriel n’ayant répondu favorablement à la découpe des panneaux en usine.
Les principaux freins à la découpe en usine sont dus :
– à la non répétitivité des logements sur cette opération, impliquant des types de découpes trop nombreux et des quantités insuffisantes par type,
– et au risque de casses des panneaux prédécoupés au cours des livraisons.

Pendant la phase de préparation du chantier, le planning d’approvisionnement et de mise en œuvre des matériaux, compte tenu du plan de calepinage (retenu dans le cahier "chantier vert") a été étudié par l’entreprise chargée du lot plâtre-isolation, en collaboration avec le BET chargé du suivi et du contrôle de l’expérimentation. Une puis trois zones de locaux clos pour l’approvisionnement et la découpe des panneaux ont été délimitées, ceci dans un souci de confort et d’accessibilité aux logements. Au cours de l’ex-périmentation, il s’est avéré néanmoins qu’un approvisionnement direct par logement, à l’étage et au RdC, puis la découpe des panneaux dans une pièce par niveau, étaient plus adaptés ; les allers et retours et les salissures ont été ainsi évités. Un nettoyage quotidien (déchets de plaques et billes de PSE) a été effectué sur les lieux de découpe.

• Evaluation de la mise en œuvre du calepinage

Lors de l’isolation des premiers logements, le BET a observé l’équipe de pose des panneaux, qui comprend deux tâcherons, dans le cadre d’un monitorat. Les premiers enseignements tirés ont conduit le BET à élaborer des plans de calepinage plus adaptés aux méthodes de travail, bien spécifiques, de l’équipe de pose.

Le contrôle des cotes réelles du gros œuvre, des tolérances sur les aplombs, et des cotes de pose des menuiseries, a permis de vérifier que la tolérance du gros œuvre est acceptable. Il a été réalisé par le CETE Nord-Picardie, avec l’aide d’étudiants de la Faculté des Sciences Appliquées de Béthune, sur trois logements de type 3 à deux niveaux pour lesquels le calepinage théorique figure dans le DCE. La mise en œuvre du calepinage théorique du DCE a également été évaluée sur ces trois logements. Il s’est avéré par exemple qu’un seul panneau découpé était prévu pour les trumeaux, dans le calepinage théorique, alors que deux étaient nécessaires pour la mise en place des bords verticaux des panneaux dans les profilés des dormants des menuiseries. Autre exemple, le problème de la pose des découpes sans bords chanfreinés (ceux-ci étant nécessaires pour la pose des calicots (**)) n’a pas été pris en compte. Par ailleurs la réutilisation, non prévue, de chutes d’un logement à l’autre a été effectuée par l’équipe de pose.

L’équipe de pose des panneaux de doublage s’est lancé un véritable défi pour faire mieux que le calepinage théorique, elle n’a donc pas réellement utilisé les plans de calepinage en sa possession. Elle a été particulièrement soucieuse d’utiliser un nombre minimal de panneaux. Le volume de déchets qu’elle a produit, sans pouvoir le chiffrer définitivement (le bilan n’étant pas achevé en mai 97) devrait être inférieur à celui prévu par les plans de calepinage.

(**) Les calicots sont des bandes en papier spécial noyées dans un enduit pour le recouvrement des joints entre panneaux.

• Reproductibilité

Il serait intéressant de réaliser à nouveau un calepinage théorique de ce type de produits (et autres produits en plaques, en lés ou générant des chutes : revêtements de sols et murs, cloisons...) et d’en évaluer l’efficacité, sur d’autres chantiers, avec d’autres équipes de pose. De plus, l’intérêt de la découpe des produits en atelier, par rapport à celle sur chantier, devrait être étudié pour des logements de conception plus répétitive.

Une révision du calepinage théorique, suite à l’observation du mode d’organisation et des pratiques de la main d’œuvre de pose, réalisée lors des travaux dans les premiers logements, peut s’avérer nécessaire. Pour être efficace, le calepinage théorique ne peut être réalisé que par une personne proche du chantier qui maîtrise dans le détail les pratiques des compagnons. Celui-ci pourrait être réalisé, en phase de préparation de chantier, par l’entreprise du lot concerné.

 

LA GESTION DES DECHETS

Les déchets devaient être triés tout au long du chantier sur l’ensemble des 38 logements. Ces obligations ont été rappelées dans le CCAP. Le cahier "chantier vert" précisait que chaque entreprise devait sensibiliser son personnel afin que le tri des déchets sur le site soit respecté.

Ce cahier prévoyait également que chaque entreprise devait assurer, comme elle l’entendait, le relais entre les lieux de production et de stockage des déchets sur le chantier. Le contenu des bennes a été ensuite contrôlé de façon périodique et inopinée par le BET, qui tenait à jour un cahier de bord.

Les informations fournies ici sont le bilan de ce qui s’est déjà réalisé. Elles ne prennent pas en compte les évolutions susceptibles d’intervenir d’ici la fin du chantier.

• Organisation et pré-tri

La zone de dépôt des déchets devait comprendre les bennes suivantes, identifiées par des panneaux signalétiques :
– une benne pour les matériaux "inertes" (gravats, briques, tuiles, verre) jusqu’à la fin des travaux de couverture,
– une benne pour les métaux, dès le début du gros œuvre,
– une benne pour les déchets de plâtrerie (déchets de panneaux de doublages, cloisons et plaques de plâtre), présente au second œuvre,
– une benne pour les DIB en mélange (cartons souillés, matières plastiques, etc.), dès le début du gros œuvre,
– une benne fermée pour les DIS, présente de la fin des travaux de couverture à la fin du chantier.

Le tri sur le chantier du bois non traité et sa récupération, initialement envisagés, n’ont pas été effectués, la différenciation bois traité et bois non traité étant difficile à réaliser par les compagnons. Compte tenu de plus de l’interdiction de brûler sur le chantier (rappelée dans le cahier "chantier vert"), les déchets de bois, produits en quantités limitées sur ce chantier, ont été déposés en benne de DIB en mélange (évacués en centre de stockage de classe II).

Les papiers et cartons d’emballages propres, stockés durant le second œuvre dans quelques garages, ont, à ce stade de l’expérimentation, été déposés dans la benne de DIB en mélange. Pour la suite de l’expérimentation, une filière de valorisation devrait être retenue.

Les déchets des lots plâtre-isolation et cloisonnement ont été déposés dans une benne spécifique, en vue d’une quantification visant à comparer les quantités produites sur les 14 logements concernés par l’expérimentation sur le calepinage et celles produites sur les autres logements. Ces déchets ont été ensuite évacués en centre de stockage de classe II. La benne a été déplacée en cours d’expérimentation à proximité des lieux de production de déchets de l’entreprise, compte tenu des distances à parcourir entre les logements à isoler et la zone de dépôt.

 

Les gravats du gros œuvre ont été stockés sur les lieux de production (option possible sous réserve de s’assurer qu’elle est sans risque vis-à-vis des pollutions des sols et des eaux), puis enlevés à la pelle mécanique et évacués en camion par l’entreprise de gros œuvre en vue d’une valorisation en matériaux de remblais. Les autres matériaux "inertes", déposés en benne, ont été évacués en centre de stockage de classe III.

Il s’est avéré difficile de faire respecter la mi-se en benne prévue des DIS (évacués en centre de stockage de classe I), les entreprises ayant l’habitude de récupérer leurs propres DIS (pots de peinture notamment) et de les retourner aux fournisseurs.

Il est revenu à l’entreprise de gros œuvre, chargée de la tenue du compte prorata, de gérer la rotation des bennes. Les coûts de gestion des déchets seront à la fin du chantier pris en charge dans ce compte. Pour plus de souplesse, l’entreprise chargée des lots plâtrerie et cloisonnement a assuré à certains stades du chantier la gestion de la rotation de ses propres bennes.

Les bons de pesée de chaque benne évacuée (location et transport par le prestataire de services BTS, Bennes Transport Services) ont été communiqués au BET qui en fera l’analyse dans le bilan définitif de l’expérimentation.

• Sensibilisation des compagnons

L’information et la sensibilisation des compagnons au pré-tri des déchets par le BET, en particulier au moyen de fiches listant le type de déchets à déposer dans les bennes, se sont avérées nécessaires. Les conducteurs de travaux des entreprises intervenantes, eux-mêmes sensibilisés, n’ont pas forcément assuré le relais d’information, notamment auprès des nouveaux arrivants.

Les compagnons, interrogés pour connaître leurs sentiments et leurs motivations vis-à-vis de l’expérimentation, ont semblé satisfaits : le pré-tri des déchets sur le chantier est bien perçu et ne leur apporte aucune contrainte insurmontable. Ils ont apprécié le fait de travailler sur un chantier propre.

• Bilan intermédiaire et reproductibilité

Le maintien de la propreté du chantier et le pré-tri des déchets, stipulés dans le cahier "chantier vert", ont été effectifs, moyennant quelques rappels du BET, avec l’appui du maître d’œuvre et du maître d’ouvrage, ce dernier étant particulièrement impliqué dans le suivi de l’expérimentation.

Le pré-tri des déchets est relativement simple à réaliser sur des chantiers de logements individuels mais doit prendre en compte les spécificités liées à l’étendue de ce type de chantier. Une réflexion plus poussée sur l’emplacement des bennes au plus près des lieux de production des déchets doit être menée.

L'UTILISATION DE MATERIAUX RECYCLES

Une réflexion sur l’utilisation, sur le chantier, de matériaux et produits issus du recyclage et susceptibles de se substituer à des matériaux "naturels" a été menée dans la phase d’investigation de l’expérimentation. Parmi les différentes pistes envisagées, seule l’utilisation de schistes rouges a été retenue.

Il était spécifié, dans le chapitre "gros œuvre" du CCTP, que l’entreprise de gros œuvre devait réaliser les plates-formes sous les dallages des habitations, avec des matériaux en schistes rouges (sous-produits de l’extraction minière). Quelques négociants propriétaires de terrils ont été indiqués mais le choix du fournisseur a été laissé aux entreprises.

L’utilisation de schistes rouges, courante dans la région, n’induit ni surcoût, ni contraintes ou précautions particulières. L’utilisation de tels sous-produits, reproductible, dépend néanmoins fortement du contexte local.

 

DEROULEMENT

• Démolition préalable : juillet 1996
• Réception des travaux : prévue en juillet 1997 (1re tranche) et novembre 1997 (2e tranche)

INTERVENANTS DE LA REX

Partenaires de l’équipe :
• Maître d’ouvrage : SLE, SA d’HLM de Lille et Environs M. PINTIAUX et Mme CAUX - Tél. : 03 20 42 44 67
• Maître d’œuvre : Cabinet NICOL et THELOT
M. NICOL - Tél. : 03 20 21 99 77
• Pilotage et coordination de la REX : BET OTH Nord-Ouest - M. VANLERBERGHE et M. DELBART - Tél. : 03 20 72 31 09

Autres partenaires
• Analyse des filières de valorisation et utilisation de matériaux recyclés : FEDEREC
• Réflexion sur les filières de valorisation : Agence Régionale pour l’Energie
• Aspects santé, sécurité et conditions de travail du "chantier vert" : CERESTE
• Entreprises de BTP : SYLVAGREG (lot gros œuvre) et EURO-CLOISONS (lots plâtre-isolation et cloisonnement)
• Entreprise de collecte des déchets : BTS

Partenaires financiers :

• Plan Construction et Architecture
• Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais
• DDE du Nord

Suivi local : CETE Nord-Picardie M. DEMONT - Tél. : 03 20 49 62 67
Faculté des Sciences Appliquées de Béthune M. BOULEMIA - Tél. : 03 21 63 71 07

Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél. : 01 40 50 28 60

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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