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Guide des "Chantiers Verts">>Thème>>Rex Voglans

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PRE-TRI des DECHETS de chantier

 

A VOGLANS – SAVOIE

Ce "chantier vert" a approfondi le thème de la gestion des déchets de chantier. Il a veillé à l’organisation du tri des déchets sur le chantier en vue d’une valorisation optimale. Au préalable, une action de démontage et de pré-tri des déchets en phase démolition a également été expérimentée. En effet, d'anciens ateliers ont été démolis avant la construction de ces bâtiments aux importantes toitures en ardoises, selon l’architecture traditionnelle savoyarde.

Le chantier a été conduit en groupement d’entreprises, organisation régionale fréquente ; le mandataire, réalisant par ailleurs le gros œuvre et la peinture, a piloté les travaux.

• 3 groupes de bâtiments situés au centre de Voglans.

• 40 logements neufs R+3 avec sous-sols.

• SHOB 5 700 m2.

• SHON 3 332 m2.

• SHA 2 835 m2.

LE PRE TRI EN PHASE DEMOLITION

• Démontage de la toiture

Pour limiter le stockage de déchets en classe III et les coûts associés, les plaques en amiante-ciment couvrant les ateliers à démolir ont été démontées manuellement et récupérées par un particulier. Des protections pour les compagnons montant sur le toit sont nécessaires.
95 % des 1 000 m2 de plaques ont été ôtés et récupérés à coût nul, le particulier ayant pris à sa charge les frais du démontage. L’annonce de la disponibilité de matériaux, avant le démarrage d’un chantier, peut être faite dans certaines régions par le biais des bourses régionales de déchets industriels. Cette action est reproductible pour les éléments faciles à démonter quand on dispose d’un peu de temps avant la démolition, mais la réutilisation des produits contenant de l’amiante ne sera plus autorisée à compter du 1er janvier 1997 *.

*Date à partir de laquelle prend effet l’interdiction gouvernementale de fabrication, d’importation et de cession des produits contenant de l’amiante.

• Tri après démolition

Après le démontage de la toiture, le bâtiment, constitué d’une charpente métallique et de murs en briques, a été démoli. Puis l’acier, le bois, les gravats et les déchets divers ont été séparés avec une pelle mécanique.

Le tri du bois, souvent séparé des gravats et celui, courant, des aciers ont été correctement effectués. En revanche, les DIB restant dans les gravats ont illustré les limites du tri à la pelle mécanique et la nécessité d’un tri complémentaire. Le recyclage n’a concerné que les matériaux trop volumineux pour la mise en remblai, moins chère, mais exclusivement envisageable pour les matériaux minéraux exempts de plâtre, amiante-ciment, DIB et DIS.

Le brûlage du bois est interdit hors incinérateur autorisé. Aussi l’intérêt de le trier repose sur l’existence de filières de valorisation réglementaires. Les opérations de tri demandent du temps et rendent l’opération de démolition plus pénible et plus contraignante, en terme de sécurité, pour les compagnons.

Gestion des déchets de démolition
Quantité en t Destination Coûts (HT) Traitement
Aciers
16,8
Récupérateur
Vente des aciers : 350 F/t
Gain 5 880 F
Fabrication des fers à béton
Bois
Environ 1
Décharge
Aucun
Habituellement brûlés NON REGLEMENTAIRE
Gravat volumineux (béton armé)
270
Installation de concassage
Concassage : 15 F/t
Transport : 0,70 F/t-km
Coût 4 050 F
Concassage en granulats 0/120
Gravats de petites dimensions
Environ 800
Remblai privé
Régalage : 3000 F
Transport : 1500 F
Aucun si propres

 

Le coût global de traitement (hors temps de tri) des déchets de démolition a été très réduit. La reproductibilité de cette action dépend de la facilité de séparation des matériaux constitutifs du bâtiment et des délais accordés pour la démolition.

LE PRE TRI EN PHASE CONSTRUCTION

Une étude préalable sur la gestion des déchets de bâtiment dans le sillon alpin a démontré l’in-térêt de trier les déchets à la source pour améliorer leur gestion. Des dispositions pratiques et des mesures incitatives doivent pour ce faire être mises en œuvre.

• Sensibilisation du personnel

Le mandataire du groupement, assisté de stagiaires (ESIGEC), a informé les responsables des entreprises sur l’objectif de cette réalisation expérimentale. Lors d’une réunion sur la qualité, les compagnons du gros œuvre ont été formés sur la gestion des déchets et ont reçu un document développant cet aspect. Les compagnons des corps d’état secondaires qui interviennent en phase gros œuvre varient ; ils ont donc bénéficié d’une sensibilisation individuelle. La formation doit être simple, pratique, montrer l’implication de chacun dans l’action, tenir compte des diverses nationalités dans les équipes (langue, mode de travail...). En second œuvre, les stagiaires ont formé oralement les compagnons déjà sensibilisés pendant le gros œuvre, au moins une fois par semaine, étant donné leur mobilité. Les autres corps d’état se sont formés à partir d’un fascicule, établi après consultation des chefs d’entreprises et du responsable du chantier. Des affiches ont été collées et des panneaux amovibles de différentes couleurs, illustrant le type de déchets acceptés, apposés sur les bennes pour faciliter le tri.

Les compagnons du gros œuvre ont eu des idées pertinentes. Des notions économiques sur le tri ont été données face à la crainte de perte de rentabilité. Le personnel d’encadrement a été le plus réticent à cause du respect des délais, des surcoûts potentiels... Le non-mélange des déchets triés a beaucoup reposé sur le chef de chantier, bien informé et motivé. La formation dure une heure, payée aux compagnons et au chef de chantier sans travail effectif, mais les mélanges excessifs et la facturation maximale des bennes du fait d’erreurs ont été évités.

En second œuvre, changer les habitudes est difficile. Le suivi des stagiaires a souvent été perçu comme une sanction ou une surveillance, ce qui montre la difficulté d’inciter à un tri correct et de le contrôler. En groupement d’entreprises, le chef de chantier du mandataire ne peut faire exécuter les dispositions aussi efficacement qu’en entreprise générale. Cependant, des prescriptions sur le tri avaient été notées en annexe à l’acte d’engagement des entreprises; annexe reprise dans la convention du compte interentreprises, signalant notamment l’imputation des éventuelles erreurs de tri au prorata des lots des entreprises.

 

• Pré-tri en gros œuvre

En gros œuvre, les matériaux minéraux ont été triés et utilisés en remblai autour du bâtiment, solution conditionnée par leur "propreté"2 . Le bois a été stocké sur un emplacement avant d’être incinéré en chaufferie. Les DIS ont été évacués par leur producteur, disposant d’une liste des déchets admis dans la déchetterie la plus proche. Les DIB ont été stockés en classe II. Les bennes ont été disposées à mi-chemin des extrémités du chantier et près des bâtiments, pour faciliter leur accès aux compagnons et aux camions qui les enlèvent (Ets Vignier).

Caractéristiques des bennes en gros oeuvre
Rotations
Quantité en t
Coût forfaitaire en F HT/benne
% du total en t**
Ferrailles
3 bennes de 7 m3
2,88
/*
31
Bois
1 benne de 30 m3
5,06
1 209,60
53
DIB
2 bennes de 7 m3
1,36
650
15

* Rotation des bennes gratuite, ferraille reprise au cours du jour.
** Moins de 1% de DIS sont également générés

Le gros œuvre produit, en grande quantité, des déchets aisés à identifier. Une benne à terre d’un m3, déplacée à la grue, a servi de contenant intermédiaire entre étages et bennes. Facilement accessible, elle a réduit le temps de transport des déchets. Les compagnons isolaient succinctement, lors du balayage, les ferrailles, le bois... et les déchets mélangés. Ils étaient évacués par la benne à terre jusqu’aux bennes où un compagnon affecté au nettoyage complétait le tri des déchets mélangés. Cet ouvrier-trieur a limité les coûts de main d’œuvre qualifiée, passant environ 1h30 par jour au tri. Gérer les déchets a coûté 2 509,60 F HT en gros œuvre (hors gravats), contre 5 200 F HT pour le stockage en classe II au tarif forfaitaire de 650 F HT la benne de 7 m3. Le gain représente environ 50 %, hors temps de tri.

Reproduire ce pré-tri nécessite de la place sur le chantier pour les bennes et dépend des filières locales de valorisation. Les compagnons doivent être sensibilisés par un le personnel d’encadrement motivé ; un ouvrier-trieur doit être présent pour affiner le tri.

• Pré-tri en second œuvre Cloisons et doublages

Cloisons et doublages

N° 1- Caractéristiques des bennes en second oeuvre
Rotations (bennes de 10 m3)
Quantité en t
Coût forfaitaire en F HT/benne
Coût total F Ht
% du total en t*
Doublages
6
2,82
350
2 100
2
Cloisons
Déchets "propres" : 4
Déchets "souillés" : 2
7,22
3,3
350
650**
2 700
66

Une usine de plaques de plâtre recyclant les chutes de fabrication (Plâtres Lafarge à Ottmarsheim (68)) a accepté les déchets propres de ce chantier. Le PSE (polystyrène expansé) a été séparé de la plaque des doublages et recyclé dans une autre usine (à Loriol (07)). Une benne a collecté les plaques, carreaux et cloisons de plâtre, une autre les doublages. Les conditions économiques très favorables, notamment de transport, fixées dans le cadre de la réalisation expérimentale, ne sont probablement pas reproductibles et devront être négociées sur chaque chantier.

 

Des panneaux signalétiques et la détermination précise des déchets admis dans chaque benne ont limité les erreurs initiales de tri. Les déchets de doublage ont été correctement triés car leur pose génère peu de types de déchets, ils sont légers, faciles à transporter et le nettoyage est inévitable avant le traçage des cloisons. Le tri des déchets de cloisons a été plus délicat à cause d’équipes mal structurées d’artisans/tâcherons difficiles à contrôler, de la variété des déchets (boîtes de spits, sacs de ciment...) et de la difficulté de circuler dans le bâtiment pour les évacuer après la pose des cloisons.

Le tri des chutes de cloisons requiert un encadrement et une organisation appropriés aux comportements, habitudes et cycles d’exécution des plaquistes, pour être économiquement viable. Il serait intéressant de réfléchir, avec les industriels, à l’emploi de petits broyeurs dans les étages et à la mise en sacs manuportables des déchets. La grande quantité de déchets issue de ce lot nécessite de les réduire en priorité (calepinage...). Ce lot produit 1/3 du tonnage de déchets de second œuvre et ne contribue au compte interentreprises qu’à hauteur de 10 % (montant du marché). Ainsi, il serait plus juste et motivant, pour les entreprises, que le prorata soit établi selon le coût de traitement et la quantité de déchets générés;

Reproduire cette démarche implique la présence soit d’une usine acceptant de recycler de tels déchets, à proximité du chantier, soit d’un centre de regroupement de ces déchets avant envoi en usine de recyclage. Il est intéressant de poursuivre la coopération sur ce point avec les industriels du plâtre.

Tous déchets
Le tri des plastiques, envisagé au départ, n’a pas été retenu car trop complexe (diversité, degré de propreté exigé). Le tri des cartons a été assez aisé, hormis quelques confusions rectifiées après contrôle. n second œuvre, beaucoup d’entreprises sont intervenues et le mandataire était moins présent. Chacune étant responsable du tri de ses déchets, il a été plus aléatoire ; notamment, le tri et la valorisation du bois n’ont pas pu être négociés avec le charpentier. Le mandataire, exécutant les travaux de peinture, a envoyé les pots vides à la déchetterie (Trialp), pour 6,20 F/kg. Le coût est négligeable par rapport au souci de collecte et transport. Il est difficile d’obtenir un chantier propre, sauf avec les lots d’équipements habitués à évacuer proprement leurs déchets.
Le tri a pris très peu de temps supplémentaire. Collecter, transporter et éliminer les déchets a coûté environ 23 020 F HT, contre 19 500 F HT pour le stockage en classe II au tarif forfaitaire de 650 F HT la benne de 7 m3. Les erreurs de tri des cloisons ont coûté 600 F HT.
Cette expérimentation montre la nécessité d’une recherche commune, de l’encadrement et des compagnons, sur la logistique à définir précisément et à adapter aux besoins des hommes pour chaque corps d’état, pour que le tri soit correct. Des blocages incontournables surgissent quand les entreprises refusent cette concertation. Par ailleurs, les flux de déchets à traiter doivent être hiérarchisés en termes de volume généré et de difficulté de tri. Le temps passé par les stagiaires et le personnel d’encadrement du mandataire doit être pris en considération pour envisager la reproductibilité d’une telle démarche, même si cela représente à terme un investissement rentable.

N° 2 - Caractéristiques des bennes en second oeuvre
Rotations Quantité en t Rotation en F HT/benne Traitement en F HT/t Coût total F Ht % du total en t*
Carton 2 x 7 m3 1,022 350 150 à 450 selon les cours 982,12 2
DIB 3 x 7 m3 24,688 650 (forfaitaire)**

350
435 1 950
15 289,28
66

* % des déchets générés en second oeuvre.
** le mode de facturation des bennes pour les DIB a changé en cours de chantier : elles ont alors été facturé au coût réel.

DEROULEMENT

• Démolition préalable : mai 1995
• Début des travaux : juin 1995
• Réception des travaux : juin 1996

INTERVENANTS DE LA REX

Partenaires de l’équipe :
• Maître d’ouvrage : OPAC de la Savoie M. PIN - Tél. : 04 79 96 60 60
• Mandataire du Groupement d’Entreprises : SPIE-TONDELLA - M. MICHEL - Tél. : 04 79 62 11 73
• Maître d’œuvre : Cabinet GUILLERMONT
• Suiveur scientifique interne : ESIGEC
• Responsable de la proposition : SPIE CITRA
• Récupération des déchets : Ets VIGNIER & Fils

Partenaires financiers :

• Plan Construction et Architecture
• DDE Savoie

Suivi local : BETREC M. MARTIN - Tél. : 04 76 42 17 27

Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél. : 01 40 50 28 60

 

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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