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Réduction
des nuisances ACOUSTIQUES
et gestion des DECHETS
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EMILE-DECORPS
A VILLEURBANNE RHÔNE
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Ce "chantier vert" est situé
le long dun axe à fort développement de circulation,
principale nuisance du quartier où peu de chantiers ont été
conduits jusquà celui-ci.
Son objectif a été de réduire
lensemble des nuisances générées par un chantier
en site urbain (poussières, circulations...) et plus particulièrement
de limiter les nuisances sonores et de gérer les déchets.
Il a également cherché à améliorer les conditions
de travail du personnel, en termes de moyens logistiques et de sécurité.
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Immeuble situé à lest
de Villeurbanne.
113 logements neufs R+8.
Garages en sous-sol.
SHOB 13 500 m2.
SHON 9 480 m2.
SHA 7 788 m2.
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LA REDUCTION DES CONSOMMATIONS D'HUILE
Mesures acoustiques
Lobjectif fixé pour le seuil de Leq1
en limite demprise, suite à des relevés sur des
chantiers courants, a été de 75 dB(A). Aux abords de cette
réalisation expérimentale, le Leq initial sur une journée
a été de 52 à 58 dB(A). Des Leq de 66 à
77 dB(A) en terrassements et de 60 à 67 dB(A) en gros uvre
y ont été mesurés. Le terrassement a été
de loin le plus bruyant, malgré un choix vigilant des matériels.
Un principe de mesures à partir dune
grue, à 25 mètres de hauteur, a été établi.
Elle permet de comparer les chantiers comme des sources sonores uniques,
constantes dans leur niveau acoustique moyen et dans leur "centre
de gravité démission". Des résultats
relativement homogènes de lordre de 68 dB(A) ont été
obtenus sur cette opération.
Des mesures, en limite de propriété
et au pied des grues, ont montré une dispersion sensible due
à linfluence directe des activités du chantier.
En gros uvre, des pics sonores ont été notés
pendant la livraison du ciment et le fonctionnement dune scie
circulaire dans les environs du sonomètre. Il savère
que la perception dune même émission est sensiblement
différente selon le positionnement des riverains (réverbération
du site, bruit de fond urbain).
1 Leq : niveau continu équivalent, correspondant
au niveau sonore stable qui, sur la même durée, comporterait
la même quantité dénergie que le signal fluctuant
réellement mesuré.
Choix des matériels
Centrale à béton (Prix au Concours
Décibel dOr)
Loption étant prise de fabriquer le béton sur le
chantier, la centrale a été installée loin du voisinage
et son isolation a été améliorée par :
le capotage du groupe hydraulique avec des plaques de néoprène,
le capitonnage des godets raclants et goulottes inférieures
et supérieures avec du néoprène,
lemploi dune masse en caoutchouc pour décoller
le béton de la cuve ou trémie, si besoin.
Lisolation de la centrale a engendré
une réduction des émissions de 10 dB(A). Les masses en
caoutchouc évitent, à lopérateur et au voisinage,
dentendre un bruit métallique "sec". La réduction
de lusure, a priori rapide, du néoprène isolant
les godets raclants et les goulottes et un système daération
permettant de laisser le capotage en permanence sur le moteur de la
centrale, sans surchauffe, devront être étudiés.
Les livraisons sont deux fois moins fréquentes quavec du
béton prêt à lemploi et le bruit du chantier
nest pas "exporté" en ville : les granulats ont
été livrés en semi-remorques et le ciment en camions-silo
avec un système de rétention des poussières et
un compresseur isolé acoustiquement (83 dB(A) à 1 m au
lieu de plus de 100 dB(A) sur certains camions). Les fonds de toupie
ont été supprimés, les quantités de béton
étant produites de façon ajustée.
Cette isolation a coûté environ 50
000 F HT, dont 32 000 F HT de coûts directs et 18 000 F HT de
coûts indirects (analyse, conception et suivi). Intégrer
cette option dès la fabrication de la centrale devrait limiter
son surcoût à 20 000 F HT environ, soit à 5 % de
son prix de vente. Cette action est reproductible sur les chantiers
où les mêmes choix technologiques sont faits, conditionnés
par lespace disponible.
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Prédalles
Le choix étant demployer des prédalles et de
les fabriquer sur le chantier, brider la table de fabrication sur ses
supports a réduit les bruits émis. Par ailleurs, la durée
de vibration a été optimisée à 15 à
20 secondes.
Cette technique est moins bruyante quun coffrage traditionnel,
avec la résonance du contreplaqué. La vibration ne durait
quenviron 1 min/j et générait 100 à 105 dB(A),
seule source de bruit. Avec une centrale à béton sur le
site, préfabriquer sur le chantier a limité les livraisons
à celles des granulats et du ciment, effectuées par grandes
quantités.
Elle est reproductible sur les chantiers aux mêmes
choix technologiques, conditionnés par lespace disponible
sur le chantier. Elle comprend un surcoût en hiver à cause
du chauffage. Comparer les coûts de fabrication des prédalles
sur le chantier et du coffrage traditionnel est par contre difficile
car cela dépend de nombreux facteurs.
Banches (Prix au Concours Décibel dOr)
Pour serrer les banches, remplacer les écrous à ailettes
traditionnels par des écrous vissés avec des clés
a supprimé les bruits dimpact des coups de marteau.
Lassimilation du procédé par les compagnons a été
rapide et facilitée par du matériel neuf ou en très
bon état et lemploi de clés dynamométriques
; celles-ci limitent la déformation des banches. Ce système
est aussi performant que les écrous serrés au marteau
et nettement moins bruyant. Le temps de serrage est un peu plus long
mais sans impact sur le cycle journalier de coulage.
Linvestissement initial est important, mais les écrous
à vis, ne subissant pas les chocs du marteau, ont une plus longue
durée de vie. Ils sont cependant plus petits et faciles à
perdre. Ce procédé est totalement reproductible.
Vibreurs
Quatre vibreurs électriques ont été utilisés
pour éviter le compresseur. La réduction sonore au poste
de travail était de 5 à 6 dB(A) par unité, un vibreur
pneumatique émettant 90 dB(A).
Ni les vitesses dusure des systèmes électrique et
pneumatique, ni leurs consommations dénergie ne sont connues.
Les vibreurs à convertisseur intégré sont plus
fragiles et dentretien plus coûteux. Bien que très
maniables, la préférence du personnel pour les vibreurs
électriques nest pas nette : problèmes de poids
et dutilisation par temps de pluie (nécessité de
prises électriques étanches à leau...).
Le coût dun vibreur électrique à convertisseur
intégré est de 12 000 F HT et celui dun vibreur
pneumatique de 3 500 F HT. Toutefois avec une économie de 23
100 F HT sur la location de compresseurs pendant 7 mois, le bilan pour
113 logements est un gain de 6 100 F HT. Cette option est à retenir,
en prenant des précautions contre les risques de vol.
Modes de travail aménagés
Doublage des engins et matériels
Ajouter deux sources sonores de même niveau réduit
dautant les durées démission et naccroît
le niveau que de 3 dB(A). Les recettes détages, bancs de
prédalles, grues... ont été doublés. La
durée du gros uvre a été réduite de
12 semaines, sur 13 mois de chantier. Ce principe, à prévoir
dès la préparation du chantier, est reproductible sur
les sites assez spacieux.
Comportement du personnel dexécution
Une utilisation inadaptée dun matériel peut augmenter
le niveau de bruit généré. Exemple : un conducteur
de toupie faisant tourner son moteur à pleine puissance, trois
fois plus longtemps, pour un même volume livré. Une sensibilisation
du personnel dexécution doit être effectuée
par un encadrement lui-même averti, action aisée sans surcoût
mesurable.
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LA REDUCTION DES DECHETS
Le volume de déchets a été
limité à 4,3 m3/logt (0,063 m3/m2 habitable), dont 29
% en volume et 65 % en poids générés en gros uvre,
au lieu de 7,5 m3/logt sur les chantiers traditionnels, cest-à-dire
sans recherche particulière de réduction de la production
de déchets.
Réservations
Des cylindres métalliques, spiralés
prédécoupés, ont été intégrés
comme réservation dès la préfabrication de la dalle.
Avec un diamètre de réservation voisin de celui de rebouchage,
le blocage a été réalisé avec un joint mousse.
Ce mode de réservation, efficace et approuvé par les contrôleurs
techniques, exige de lattention mais le rebouchage est ensuite
plus aisé. Un marquage de couleur limite les erreurs. Le coffrage
est perdu et ne génère pas de déchets. Le clouage
et déclouage des réservations en bois et le repiquage
au marteau piqueur sont supprimés ainsi que le bruit et les déchets
associés. La sécurité et la mise hors deau
des étages inférieurs sont assurées par les couvercles
étanches posés sur les cylindres. Le surcoût des
1 700 cylindres pour 485 passages de gaines a été de 15
995 F HT, mais les temps de mise en uvre ont été
très réduits.
Il est reproductible, avec une grande cohérence des plans, une
préparation et une coordination importantes en amont, facilitées
par une démarche qualité. Il est surtout intéressant
pour des opérations importantes, afin doptimiser les temps
de préparation et dorganisation.
Maintien des aciers en attente (Prix dinnovation
GTM)
Les aciers en attente ont été protégés
de la pénétration de laitance de béton, par une
boîte métallique perdue dans louvrage et une bande
plastique aimantée utilisable environ 100 fois, au lieu de la
boîte en plastique usuelle, arrachée lors du décoffrage
pour dégager les attentes, souillée et stockée
en classe II. Aucun déchet nest produit et le système
est efficace.
Le surcoût à lachat, de lordre de 230 F HT/ml,
au lieu denviron 25 F HT/ml, devrait être compensé
par un gain sur la gestion des déchets et la réutilisation
de la bande en plastique, surtout si sa durabilité saccroît.
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LA QUANTIFICATION ET LE PRE-TRI DES DECHETS
Pendant le gros uvre, les déchets
"inertes", le bois, lacier et les plastiques propres
ont été triés, auxquels se sont ajoutés
en second uvre les cartons et les déchets de plaques et
doublages à base de plâtre. Les DIS ont été
récupérés par les sous-traitants.
Le bois et lacier sont faciles à
identifier et trier. Le tri du bois, peu coûteux en main-duvre,
permet une valorisation maximale, surtout avec des coffrages traditionnels
générant beaucoup de déchets de bois. La mise en
remblai des "inertes" sur place, conditionnée par leur
"propreté", a un coût de stockage en benne et
délimination nul et limite le transport de déblais
et de remblais. Aucune filière reproductible na été
trouvée pour les plastiques propres, produits en trop faible
quantité. Les cartons et plastiques souillés sont stockés
en classe II, lusine dincinération étant à
plus de 100 km. Le PSE (polystyrène expansé) et les plaques
de plâtre des doublages ont été séparés
avec le système de fil chaud (conçu par Placoplâtre),
transportable dun logement à lautre, pour être
valorisés.
Pour favoriser le succès de la collecte,
encadrement (1/4 à 1/2 heure par jour), sensibilisation, information,
pictogrammes sur les bennes et création dune "zone
déchets", se sont imposés. En second uvre,
les multiples matériaux constituant les déchets compliquent
le tri et la participation des entreprises a été moindre,
malgré un engagement dans les contrats de sous-traitance.
88 % en poids et 90 % en volume de déchets
ont été triés. Le coût de gestion est de
1 316 F HT/t, soit 220 F/m3, contre 75 F HT/m3 pour la collecte usuelle
par des prestataires de service. Il comprend le tri des plastiques,
plaques de plâtre et PSE, la collecte, le transport (44 % du coût,
dont 44 % sont imputables aux emballages souillés) et lélimination
des déchets.
Ne trier que les déchets valorisables de
façon viable (quantité, existence de filière) limiterait
notablement ce surcoût. Vis-à-vis de ce chantier, le tri
suivant savère reproductible :
en gros uvre : "inertes", bois, acier, emballages
(valorisation obligatoire selon le Décret du 13/07/1994), déchets
restants,
en second uvre : emballages, cloisons de plâtre,
PSE, déchets restants. Les DIS sont récupérés
par leur producteur. Ce type de collecte fait appel à un nombre
limité de bennes permanentes sur le chantier, mais nécessite
tout de même un minimum despace.
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| Répartition
des quantités de déchets produites sur la totalité
du chantier |
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"Inertes" |
Bois |
Déchets
à base de plâtre |
Déchets
souillés et indissociables |
Petits
résidus |
Autres |
|
%
en volume
|
16
|
16
|
20
|
22
|
/
|
26
|
|
%
en poids
|
54
|
8
|
9
|
12
|
10
|
7
|
|
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Début des travaux : juin 1994
Réception des travaux : juillet 1995
INTERVENANTS DE LA REX
Partenaires de léquipe :
Maître douvrage : LOGIREL Mme BOUTEILLE - Tél.
: 04 72 80 55 55
Entreprise générale : PITANCE M. BLETON - Tél.
: 04 78 53 02 14
Maître duvre : ARCHITECTURES S.A.
Autres partenaires:
Equipement & Environnement
CRAM
INGUL
MOS
Fédération de la Plasturgie
DSD
COFFRATEL
PLACOPLATRE
Partenaires financiers :
Plan Construction et Architecture
DRE du Rhône-Alpes
DDE du Rhône
Caisse Interprofessionnelle du Logement
Lyonnaise des Eaux
Suivi local :CETE de Lyon M. BEHEREGARAY - Tél.
: 04 74 27 51 51
Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél.
: 01 40 50 28 60
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source PUCA "Les Chantiers Verts"
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