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Guide des "Chantiers Verts">>Thème>>Rex Tourcoing

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Réduction des pollutions
induites par les HUILES DE DECOFFRAGE
RESIDENCE FAIDHERBE A TOURCOING – NORD

L’objectif de ce "chantier vert" était de réduire les pollutions induites par les huiles de décoffrage, la ressource souterraine en eau étant abondante mais très vulnérable dans le Nord-Pas-de-Calais. La principale ressource aquifère est souvent à l’affleurement et perméable aux pollutions en surface. L’importante densité de population, l’industrialisation et le développement de logements et d’infrastructures aiguisent le problème de la pollution par les hydrocarbures utilisés dans la construction.

En outre, le site de cette réalisation est bordé de jardins et d’habitations anciennes, souvent pourvues de puits peu profonds exploitant une nappe superficielle principalement alimentée par les précipitations.

• Immeuble neuf en centre ville.
• 61 logements R+6 et R+7.
• Parkings enterrés.
• Façade avant en briques et panneaux préfabriqués.
• Façade arrière en maçonnerie.
• Refends et planchers en béton armé.

• SHOB 6 256 m2.

• SHON 4 882 m2.

• SHA 3 558 m2.

LA REDUCTION DES CONSOMMATIONS D'HUILE

La consommation de produits décoffrants dépend, entre autres causes, des conditions matérielles de mise en œuvre. Aussi, une formation simple d’une ou deux heures des compagnons, en présence des différents acteurs du chantier, rappelant les règles et les méthodes d’application des huiles de décoffrage, a été réalisée. Ce genre de formation influe immédiatement sur les consommations. Pour rester efficace, elle doit être renouvelée tous les 3 à 6 mois.

Lors de cette séance de formation, une documentation technique du produit mis en œuvre a été distribuée et les points suivants ont été plus particulièrement examinés :
– la distance à respecter par rapport à la surface coffrante,
– le type de pulvérisateur à employer,
– le matériel à utiliser et le type de becs à positionner sur le pulvérisateur pour éviter leur obstruction,
– les conditions de remplissage des cartouches pour éviter le désamorçage,
– les conditions de stockage des huiles,
– la présentation du produit et ses caractéristiques,
– les précautions à prendre et les dispositifs de sécurité.

Cette formation a permis de diviser par trois les consommations et de limiter notablement l’écoulement des huiles sur les banches, vers le sol. A la suite de cette séance et en utilisant un pulvérisateur équipé d’une buse adaptée, la consommation moyenne d’huile minérale haut de gamme sur le chantier a été de 0,043 l/m2. Les ratios des chantiers de référence, sur lesquels l’application se fait avec un pulvérisateur doté d’une buse classique directrice, sont en moyenne de 0,14 l/m2 et les ratios annoncés par le fabricant d’huile, dans des conditions optimales (banches neuves...), sont de 0,025 l/m2.

Les compagnons, sensibles à la réduction de la pollution des sols et des nappes aquifères, adhèrent plutôt aisément à ce type d’action.
Cette démarche est économiquement intéressante puisqu’une information succincte permet d’aboutir à un coût de 0,15 F/m2, pour la consommation maîtrisée d’une huile minérale haut de gamme, contre un coût de 0,35 à 0,80 F/m2, pour la consommation traditionnelle de ces mêmes huiles.
Elle est entièrement reproductible. L’intégration d’un "aide-mémoire" de l’utilisateur, prescrivant la méthodologie de mise en œuvre des huiles de décoffrage, peut être envisagée dans les procédures qualité d’une entreprise.

L'UTILISATION D'UNE HUILE MOINS NOCIVE

La mise en œuvre d’une huile de décoffrage, à base végétale et exempte de produits d’origine pétrolière, permet de concilier sécurité de l’utilisateur et réduction de la pollution des sols et des nappes aquifères. Elle est également moins salissante et moins odorante pour les compagnons et, de ce fait, très appréciée. Néanmoins le port de lunettes, lors de l’application, et le port d’un masque et de gants, en cas de concentrations supérieures aux limites d’exposition et de contacts prolongés ou répétés, sont préconisés dans sa fiche de données sécurité.

Cette huile est largement moins nocive pour l’environnement qu’une huile traditionnelle et non rémanente dans le milieu naturel après une pollution éventuelle : sa partie non volatile est biodégradable à 98 % en 21 jours. Il faut cependant empêcher sa pénétration dans les égouts et les cours d’eau.

L’huile végétale utilisée est conçue pour les bétonnages par temps froid, en cas de risque d’accrochages importants et de conditions de vibration difficiles. Elle accroche mieux sur la banche qu’une huile minérale haut de gamme et offre une meilleure qualité de surface de parement, facilitant l’étalement du béton et la résorption du bullage, notamment par beau temps. Par temps de pluie et de froid, les résultats obtenus avec les deux types d’huile sont comparables.

Les huiles végétales sont plus chères à l’achat, mais des études sur la maîtrise des consommations montrent que leur utilisation aboutit à de meilleurs résultats que celle des huiles minérales haut de gamme. Le surcoût final est alors négligeable.
Ce choix, qui réduit notablement la pollution par les huiles sur le chantier, tout en améliorant les conditions de travail des compagnons, est tout à fait reproductible et doit être préconisé (Cf. tableau ci-dessous).

"HUILE MINERALE OU VEGETALE : PHYTOTOXICITE COMPAREE"

"Des essais de phytotoxicité comparée d’une huile minérale haut de gamme et d’une huile vé-gétale ont été réalisés sur des sols limoneux, la géologie régionale se caractérisant par une épaisse formation de craie surmontée localement par des alternances de formations argileuses et sableuses, recouvertes par des limons. Ils ont consisté en des tests de germination sur l’avoine et le trèfle selon une méthode bien définie.

Il ressort de ces tests effectués en laboratoire qu’à des concentrations élevées, la toxicité de l’huile minérale haut de gamme se fait sentir de façon plus forte que celle de l’huile à base végétale. A faible concentration, ce qui n’est pas le cas sur une zone d’enhuilage et de stockage, la différence de comportement des deux huiles n’est en revanche pas significative. Cependant, il est établi que l’huile à base végétale testée est biodégradable à plus de 95 % en 21 jours alors que l’huile minérale haut de gamme l’est peu dans ce même délai."

Indications sur différentes huiles proposées par le fabricant
Prix catalogue en F HT/l Consommation maîtrisée en l/m2 Coût total en F HT/m2
Huile minérale haut de gamme 6,10* 0,043 0,15** - 0,26***
Huile à base végétale 7,20 0,038 0,17** - 0,27***

* Le prix catalogue de la gamme la plus économique proposée par ce fabricant est environ 5 F HT/litre
** Coût total calculé à partir du prix d'acahtr négocié au départ par l'entreprise
*** Coût total calculé à partir du prix catalogue

LA COLLECTE D'HUILE EN EXCEDENT

Une aire de rétention en béton (4 m x 6 m) a été placée sur le sol au pied du mât de grue. Elle était équipée de bacs étanches galvanisés pour récupérer l’huile excédentaire et les lessivats, qui coulent des banches huilées au-dessus, et éviter qu’ils s’infiltrent dans le sol. Des lests en béton stabilisaient les banches. A une extrémité, un orifice permettait l’écoulement des huiles et lessivats récupérés vers un bac de stockage des eaux de ruissellement. Le chevalet-support des fûts d’huile, pour le remplissage des pulvérisateurs, a été installé sur un bac de rétention.

Il est préférable que le matériel de collecte soit positionné au niveau du plateau de travail horizontal des compagnons, pour limiter le nombre de coups de grue nécessaire à la manutention des coffrages. Sur ce chantier, la majoration du temps d’occupation de la grue, du fait de l’huilage des banches avec collecte du surplus d’huile, a été évaluée à 50 % quand le bac métallique est sur le plateau de travail des compagnons et à 65 % quand il reste au sol sur l’aire bétonnée. Dans ce dernier cas, il faudrait également évaluer le temps passé par les compagnons et prendre en compte la fatigue en résultant, pour effectuer les aller-retours du plateau de travail jusqu’à l’aire en béton.

 

 

Cependant, le déplacement du bac métallique nécessite une grue. Son positionnement, au niveau du plateau de travail, est conditionné par l’espace disponible. Enfin ce système de rétention doit s’affranchir des inconvénients liés au remplissage par la pluie.

La collecte est donc efficace, du point de vue de la limitation des pollutions induites par les huiles de décoffrage, indépendamment d’une maîtrise des consommations, mais le temps alloué à la manutention des coffrages (multiplié par trois) a d’importantes répercussions économiques et organisationnelles (main-d’œuvre d’œuvre et matériel). Aussi, semble-t-elle très difficilement généralisable, même si une réflexion amont poussée permet de minimiser les temps d’occupation de la grue et le temps passé par les compagnons à ce poste et même si on ne l’applique qu’aux bâtiments de peu d’étages (les temps de manutention se démultiplient avec le nombre de niveaux).

Par conséquent, il est plus aisé et moins coûteux d’agir sur les consommations d’huile, les quantités s’écoulant en bas des banches deviennent alors négligeables, ou de choisir l’application d’huiles moins nocives, à la fois pour les compagnons et l’environnement.

"PEAU COFFRANTE SANS HUILE"

"Un produit expérimental, une surface coffrante à base de résine ne nécessitant pas l’emploi d’huile de décoffrage, a été utilisé pour la réalisation des murs en béton banché, des gaines techniques et des planchers de couloirs. Il est composé de plaques rigides, de faible épaisseur, de surface 1,25 m x 2,60 m. Pour l’expérimentation, celles-ci ont été fixées sur la peau coffrante métallique de la banche, à l’aide de boulons et d’écrous et assemblées entre elles au moyen de rainures et de languettes qui réduisent les désaffleurements entre plaques.

La mise en œuvre de ce produit, encore actuellement au stade de la recherche, a montré qu’il est a priori mieux adapté à la réalisation des ouvrages horizontaux. La qualité de parement obtenue est la même qu’avec des coffrages en plaques de contreplaqué. Aucune information économique n’est encore disponible.

Les recherches sur les peaux coffrantes doivent en particulier se poursuivre sur les points suivants :
– le problème d’accrochage de la laitance du ciment à la paroi coffrante,
– le moyen de fixer les inserts sur la peau coffrante,
– la résistance à l’usure."

 

DEROULEMENT

• Début des travaux : mars 1995
• Réception des travaux : début 1996
• Expérimentations : mai à août 1995

INTERVENANTS DE LA REX

Partenaires de l’équipe :

• Maître d’ouvrage : Immobilière Nord-Artois (Groupe 3F) M. RODIER - Tél. : 03 20 47 45 96
• Entreprise générale : Génie Civil de Lens (filiale de CBC) M. WESSE - Tél. : 03 21 78 21 41
• Suivi technique : Caroni Construction (filiale de CBC) MM. LOUISET et COUSIN - Tél. : 03 20 99 78 78
• Suivi scientifique-géologiste : BET ERE (Etudes Recherche Environnement) Mons en Barœul

Autres partenaires:

• Maître d’œuvre : GP Architectes - Cambrai

Partenaires financiers :

• Plan Construction et Architecture
• Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais
• DDE du Nord

Suivi local :CETE du Nord-Picardie M. DEMONT : Tél. : 03 20 49 60 00

Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél. : 01 40 50 28 60

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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