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Gestion des déchets et relations avec les occupants
en REHABILITATION

Les opérations de réhabilitation diffèrent des constructions neuves tant sur le plan des méthodes de travail que sur celui de l’organisation de chantier.

En matière de gestion environnementale et particulièrement de gestion des déchets, la différence d’approche est importante surtout lors de réhabilitations légères pour lesquelles les déposes de matériaux et équipements, ainsi que les interventions de remplacement ou de rénovation, sont les cas les plus courants. En revanche, dans le cas de réhabilitations lourdes, la démarche s’apparente plutôt à celle d’un chantier de démolition ou de déconstruction. Quant à la partie rénovation de ces réhabilitations lourdes, elle correspond à une approche identique à celle de travaux neufs ou de réhabilitation légère.

En site occupé, les opérations de réhabilitation intègrent, de plus, des contraintes fortes liées à la présence des habitants, d’où une nécessaire prise en compte d’aspects sociologiques et de communication.

GESTION DES DECHETS EN REHABILITATION

La gestion des déchets en réhabilitation est, sous certains aspects, plus facile à appréhender que sur les chantiers de construction neuve.

Les opérations indispensables pour une bonne gestion des déchets telles que la quantification et la qualification des déchets, la détermination des possibilités de valorisation et l’analyse des filières sont, en effet, simplifiées par une meilleure connaissance des déchets produits.

Les équipements à déposer peuvent être recensés précisément dans le cadre d’un diagnostic préalable du bâtiment. Le mélange irréversible des autres déchets de dépose peut être limité par une planification du démontage. La réutilisation de déchets "anciens" (poutres, planchers, tuiles, etc.) est en outre possible dans certaines régions.

Les déchets, issus de la phase construction (composés surtout d’emballages), sont en général générés par le remplacement et la modification d’équipements et d’ouvrages en quantités déterminées, ce qui facilite leur quantification.

Cependant, la nature des composants, des imprégnations, des traitements de surface des déchets de dépose est parfois difficile à identifier compte tenu des traitements des matériaux et de la nature des travaux subis par les bâtiments, depuis leur construction. Certains produits, interdits actuellement, ont pu être appliqués dans le passé, rendant éventuellement une analyse spécifique nécessaire et pouvant poser des problèmes quant au choix des filières d’élimination des déchets.

De plus, certains déchets de réhabilitation sont générés en quantités limitées, les filières existantes d’élimination ne s’avèrent alors pas économiquement viables.

La logistique du tri en réhabilitation peut également varier de celle en construction neuve : un stockage provisoire des déchets au bas des cages d’escaliers, une zone de tri délicate à installer en milieu urbain dense, etc.

Les solutions expérimentées

La méthodologie générale à mettre en œuvre en réhabilitation est similaire à celle en construction neuve pour bien des aspects, dont :

– l’identification et la quantification des déchets prévisibles de dépose et de construction,

– l’analyse préalable approfondie des filières locales de traitement et de valorisation par type de déchets,

– l’utilisation d’outils d’estimation et de suivi des coûts de traitement des déchets s’appuyant sur un système de bordereaux1, simples à remplir,

– l’accompagnement des entreprises sous-traitantes en matière de gestion des déchets pendant le chantier.

Des solutions sont plus spécifiquement expérimentées en réhabilitation, notamment en ce qui concerne la logistique associée au pré-tri.

Une aire de stockage des déchets peut être installée au bas des cages d’escalier et déplacée au fur et à mesure des travaux. Les déchets sont alors évacués des étages vers les bennes au moyen de goulottes et de treuils, ou stockés après "descente manuelle".

Des ateliers de travail peuvent être aménagés sur le chantier pour préparer certains déchets déposés. Les éléments composites sont séparés par flux : verre, bois, éléments métalliques... La qualité du tri et du contenu des bennes est améliorée. La reproductibilité de cette action présente des limites liées aux quantités de déchets et à leur qualité (certains matériaux et composants sont non séparables), à l’existence de filières d’élimination des déchets triés, à l’espace disponible pour le tri et à sa faisabilité économique compte tenu notamment des coûts de main d’œuvre induits.

Opérations

NEVERS
MONTPELLIER

MISE EN ŒUVRE SUR LE CHANTIER

Les nuisances vis-à-vis des habitants, tant psychologiques que physiques, associées à un manque d’information, peuvent provoquer des situations de blocage pendant le chantier, qui risquent d’entraîner des retards de livraison et un mécontentement général.

La maîtrise de ces nuisances et une action de communication à l’intention des occupants aident ceux-ci à mieux vivre les travaux de réhabilitation en les y impliquant, ce qui participe au succès final de l’opération.

Les solutions expérimentées en site occupé

Avant le chantier

Un plan structuré de communication permet de mettre en œuvre, le plus en amont possible, des actions bien ciblées, privilégiant l’écoute et l’information et utilisant des supports adaptés au public visé. Cet outil de prévention, limitant pour les entreprises les reprises de travaux et les travaux supplémentaires, contribue à un bouclage plus rapide et plus favorable du chantier. De plus, il leur permet d’informer le public sur les métiers du bâtiment. Un équilibre doit cependant être trouvé entre les prestations offertes et le coût des actions de communication.

Une enquête préalable auprès des habitants donne l’occasion d’identifier et de hiérarchiser les nuisances susceptibles d’être engendrées par la réhabilitation et d’envisager, avant le chantier, des méthodes de travail originales et adaptées pour les réduire. Pour être crédible et efficace, elle nécessite des moyens humains conséquents, et donc onéreux, pour la préparation du questionnaire, le déroulement des entretiens et l’exploitation des informations, ainsi qu’un appui sur des compétences spécifiques et la sensibilisation, voire la formation, des enquêteurs. Son opportunité est par conséquent à examiner préalablement par l’équipe.

 

Pendant le chantier

Des moyens simples pour maîtriser les nuisances vis-à-vis des occupants existent, par exemple des badges d’identification de tous les intervenants du chantier pour apaiser les craintes liées à l’insécurité. Facile à mettre en place, ce dispositif présente un coût limité mais demande un temps de préparation important. Il doit être mis à jour en fonction de l’évolution du personnel, pendant les travaux. Une sensibilisation des compagnons au port permanent des badges est également nécessaire.

La présence permanente sur le chantier d’un interlocuteur (issu de la maîtrise d’ouvrage ou de l’entreprise) améliore les relations avec les habitants. Il répond à leurs questions et les rassure. Mais le coût d’investissement est élevé s’il s’agit du conducteur de travaux. Ce coût peut correspondre à un choix d’organisation préventive pour l’entreprise, qui bénéficie en retour d’une meilleure gestion et coordination du chantier.

Plus encore dans une cité "difficile", la présence de personnes du quartier embauchées sur le chantier, dans le cadre d’une insertion par l’économique, constitue un relais d’information avec les responsables du chantier et participe aux bonnes relations avec les habitants et les autres riverains, ainsi qu’à la réduction des dégradations.
Opérations

NEVERS
MONTPELLIER

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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