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PRE-TRI des
DECHETS
en construction neuve

Sur la plupart des chantiers, les déchets sont collectés dans une même benne allant soit en stockage non autorisé et non réglementaire, soit en installation de stockage de classe III (non réglementaire en présence de DIB) ou de classe II où sont de plus en plus difficilement acceptés les pondéreux mélangés aux matériaux légers.

Le minimum de tri requis devrait porter sur les DIS, les DIB et les déchets "inertes", car trier ces classes de déchets est facile, au fur et à mesure en construction neuve, mais difficile après mélange. Or, ils sont destinés à des filières d’élimination distinctes. De plus, les emballages doivent être valorisés, conformément au décret du 13/07/1994. Des filières locales de valorisation n’existent cependant pas toujours. En pratique, le tri dépend de l’espace sur le chantier pour déposer les bennes, notamment en site urbain.

PREALABLES

La méthodologie
Les études, pour déterminer et organiser le tri et la collecte des déchets sur le chantier, doivent être menées dès la phase de préparation et prendre en compte l’habitude des corps d’état intervenant dans les différentes séquences (gros œuvre, partitions, équipements, finitions) de travailler ensemble. Le choix des matériaux à trier doit être réalisé après évaluation des quantités et types de déchets prévisibles et identification des filières locales de valorisation. Les bennes ou autres contenants sur le chantier ne sont pas figés et l’étude des flux de déchets permet d’aboutir à un plan d’installation évolutif, selon les séquences du chantier et les corps d’état intervenant. En second œuvre, beaucoup de petites quantités de déchets difficiles à trier sont générées, il faut prévoir une benne allant en installation de stockage de classe II.

Les contraintes

Quand il y a assez de place pour disposer plusieurs bennes accessibles aux camions, ou à la grue pour leur rotation, et aux compagnons, le choix d’un tri plus fin des matériaux sur le chantier dépend :

– des filières locales de valorisation économiquement viables existantes,

– des quantités de déchets générés par type de filière potentielle,

– de la capacité des compagnons à identifier aisément les déchets à trier.

Quand le site est trop exigu pour accueillir plusieurs bennes, les déchets peuvent être orientés vers un centre de tri. Leur tri y est réalisé ou complété par un prestataire de services. Plusieurs centres de tri et centres de regroupement, spécialisés dans les déchets de chantier, sont actuellement créés ou en cours de création en France (1). Ces derniers visent à réduire les coûts de transport pour la valorisation des déchets générés en petite quantité sur les chantiers.

L’implication des corps d’état

Pour les chantiers en entreprise générale, le maître d’ouvrage peut spécifier dans le CCTP que l’entreprise générale est responsable de la gestion des déchets pendant tout le chantier. Elle doit alors former le personnel des entreprises sous-traitantes, qu’elle peut choisir en fonction de critères environnementaux. Le choix d’entreprises sous-traitantes motivées peut, en effet, réduire les problèmes d’autorité que rencontre l’entreprise générale vis-à-vis des compagnons. Des exigences, quant à la gestion des déchets, peuvent alors apparaître dans les contrats de sous-traitance.

Pour les chantiers en corps d’état séparés et en groupement d’entreprises, il peut être envisagé que chaque entreprise se charge du tri et de la collecte de ses déchets, ce qui leur permet d’optimiser leur gestion. L’organisation des bennes peut être assurée, sur les petits chantiers, par le gestionnaire du compte interentreprises, comme sur la majorité des chantiers actuellement. Pour les plus grands chantiers, une coordination importante est nécessaire, elle est à définir entre le pilote ou le maître d’œuvre et le titulaire d’un compte qui peut prendre plusieurs formes : compte prorata, facturation au coût réel...

Les entreprises connaissant bien en général les flux de matériaux et produits qu’elles mettent en œuvre, il serait possible de facturer le coût de gestion des déchets imputable à chaque corps d’état. Cela inciterait chacun à réduire sa production de déchets et à chercher des filières de valorisation économiquement intéressantes. Un logiciel de prévision des quantités de déchets est actuellement en cours de conception, afin de faciliter la mise en œuvre de cette démarche (2). L’intervention d’un prestataire de services peut permettre aux entreprises d’accéder plus facilement à certaines filières.

 

 

MISE EN ŒUVRE SUR LE CHANTIER

Les moyens logistiques

Le tri est mieux réalisé quand les bennes sont regroupées, les compagnons n’étant pas tentés de déposer leurs déchets dans la benne la plus proche. Certaines bennes (cartons...) doivent être protégées des intempéries par un capotage. L’organisation de la circulation de la collecte détermine la qualité du pré-tri. Benne à terre, recette de réception, goulotte, panière, ou tout autre moyen logistique utilisé pour les approvisionnements, peut être utile. On peut aussi prévoir le maintien de la grue.

Quand la grue est démontée, plusieurs systèmes sont envisageables pour l’approvisionnement et l’évacuation des matériaux, par exemple :

– l’utilisation des ascenseurs dont la sécurité doit être assurée,

– l’installation d’un élévateur de chantier,

– l’installation d’un palan au niveau du jour central des escaliers.

Les choix logistiques dépendent directement des systèmes constructifs retenus. Par exemple, les circulations dans un bâtiment à structure poteaux-poutres seront plus aisées que dans un bâtiment à structure voiles. La gestion des déchets ne détermine pas toujours le choix des systèmes constructifs mais, une fois ce choix réalisé, les aspects logistiques de gestion des déchets peuvent être considérés dès la conception, dans le phasage des travaux...

La communication sur le chantier

La sensibilisation et la formation des compagnons et du personnel d’encadrement, au cours de réunions et au moyen de manuels ou guides-mémoire, avec un vocabulaire simple, insistant sur l’intérêt économique du tri (car pour le personnel du chantier, le tri est au départ synonyme de perte de temps, donc de rentabilité) et montrant l’implication de chacun dans l’action engagée, sont importantes. Elles doivent être associées à l’identification des bennes au moyen de pictogrammes, voire d’échantillons suspendus aux bennes.

Le tri doit ensuite être contrôlé en permanence, pour rectifier et expliquer la raison d’erreurs éventuelles, et obtenir une qualité constante.

Les problèmes rencontrés
Les déchets de cloisons posent des problèmes majeurs de pré-tri. La principale difficulté est de faire coïncider enlèvement et nettoyage avec le cycle de production des tâcherons/artisans mal structurés. Aussi, il est nécessaire de bien connaître les modes de travail des entreprises pour adapter l’organisation du tri à ce cycle afin qu’il engendre peu de travail supplémentaire. Faire le calepinage des cloisons, s’accorder avec les fournisseurs sur la dimension des plaques, actuellement toujours recoupées, broyer sur place et évacuer en sac ces déchets pour les recycler (procédé expérimental) sont par ailleurs plusieurs pistes à creuser pour s’affranchir de ce problème.

 

ELEMENTS ECONOMIQUES

Lorsque les déchets sont prévisibles en nature et quantité et que les filières locales de valorisation et les conditions d’acceptation sont repérées, le tri des déchets, sur les chantiers suffisamment spacieux, peut présenter un surcoût très limité. De fait, il réduit les coûts de gestion des déchets (hors temps passé au tri puisqu’il est difficile à évaluer) par rapport au coût de stockage dans des installations de classe II et III. Avec l’interdiction du stockage de déchets non ultimes en 2002 et l’augmentation des taxes et des coûts de stockage, trier les déchets pour les valoriser doit à terme devenir intéressant économiquement. Le tri des déchets réduit le foisonnement dans les bennes et les coûts de rotation associés. Notons à ce propos que la facturation de l’élimination des déchets à la tonne, même si elle n’est pas encore toujours adoptée, est plus cohérente qu’au m3, puisqu’elle est indépendante du foisonnement.

 

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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