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Réduction de la POLLUTION
des SOLS ET DES EAUX
HUILE DE DECOFFRAGE

Le faible coût des huiles de décoffrage à base d’hydrocarbures traditionnellement employées, environ 5 F le litre, et le manque d’information ou de recommandations d’emploi engendrent une consommation souvent élevée de ces huiles, le souci d’économie n’étant pas une priorité. Or, elles peuvent ensuite être partiellement entraînées, par l’eau de pluie, vers les sols et les nappes phréatiques, créant une pollution alors difficile à résorber. Le sol, sur le lieu de remplissage des pulvérisateurs, est également souvent souillé par les pertes d’huile.La consommation annuelle en France des huiles de décoffrage d’origine pétrolière est de 4 781 tonnes en 1995 selon le Centre Professionnel des Lubrifiants. Le risque de pollution des sols et des nappes aquifères est par conséquent notable.

La réduction des consommations

Afin de respecter la réglementation en vigueur sur les rejets de substances polluantes dans le milieu naturel, des actions ont été engagées sur les pratiques de chantier.

Il s’est avéré qu’une information simple des compagnons, comprenant le rappel des règles et des méthodes, a influé immédiatement sur les consommations d’huile. Celles-ci ont été di-visées par trois, par exemple sur l’opération de Tourcoing, passant d’une moyenne de 0,14 l/m2 sur des chantiers de référence à 0,04 l/m2. Les quantités qui s’écoulent des banches vers le sol sont alors très limitées. Cette action présente donc des avantages économiques et environnementaux évidents. Un "aide mémoire" de l’utilisateur, prescrivant la méthodologie de mise en œuvre des huiles de décoffrage, peut par exemple être intégré dans les procédures qualité de l’entreprise.

Par ailleurs, l’entretien des pulvérisateurs et la mise à disposition des compagnons de tuyaux et buses de rechange sont des facteurs de réduction d’une surconsommation d’huile, due à un mauvais fonctionnement du matériel. Ces pièces sont faciles à changer et cette initiative n’est pas onéreuse.

La collecte de l’huile en excédent

Les fûts pour le remplissage des pulvérisateurs ont été installés sur un chevalet-support, mis en place dans un bac de rétention à l’abri des intempéries, pour supprimer les fuites dans le sol. Ce bac a été régulièrement vidé dans un fût et l’huile collectée a été orientée vers un récupérateur agréé. Ce type de matériel, aujourd’hui commercialisé, est simple à mettre en œuvre, efficace, peu coûteux et utilisable sur plusieurs chantiers. Aussi, cette action devrait être reproduite, notamment sur les chantiers utilisant des huiles minérales.

La lubrification des banches au-dessus d’une aire en béton, équipée de bacs étanches en acier galvanisé pour la récupération des huiles, a également été testée. La mise en œuvre de cette aire étanche, efficace vis-à-vis de la réduction de la pollution du sol, semble difficilement généralisable car trop coûteuse, à cause du temps alloué (main d’œuvre et matériel) à la manutention des coffrages (multiplié par trois).
Par conséquent, il semble préférable d’agir sur les consommations, la quantité d’huile s’égouttant des banches devient alors insignifiante, ou de choisir une huile moins nocive pour l’environnement, qui offrira en outre de meilleures conditions de travail aux compagnons.

Des huiles moins nocives et des coffrages sans huile

L’utilisation d’huiles moins nocives pour l’environnement ou de systèmes coffrants sans huile est également une voie de réduction des nuisances induites par les travaux de coffrage. En amont, des études préliminaires de vulnérabilité du terrain (zone humide, sable, aquifère non protégé...) peuvent permettre d’orienter le choix de l’huile.

De nombreuses huiles à base végétale présentent un pourcentage de biodégradabilité de leur partie non volatile important et améliorent les conditions de travail des compagnons en matière d’odeur et de toxicité (contact avec la peau, les muqueuses, les yeux). Aussi, même si leurs fiches de données sécurité recommandent aux utilisateurs de prendre des précautions d’usage et de ne pas les déverser dans le milieu naturel, ces huiles présentent un réel intérêt pour la santé et l’environnement, comparées aux huiles minérales. Le résultat technique est comparable, voire meilleur, à celui obtenu avec des huiles minérales haut de gamme. Elles sont plus chères à l’achat mais l’information des compagnons, avant leur application, conduit à une consommation moindre, aussi le surcoût final devient négligeable. Cette action devrait donc être reproduite. Il conviendra à l’avenir d’élargir la connaissance, notamment en termes d’efficacité, des différentes huiles à base végétale, de nombreux fabricants proposant désormais ce type de produit.

Quant aux huiles synthétiques dites de type alimentaire, elles sont moins nocives, vis-à-vis des compagnons et de l’environnement, que les huiles minérales traditionnelles mais davantage que les huiles à base végétale.

Le développement des systèmes coffrants sans huile, actuellement au stade de la recherche, semble intéressant à poursuivre.

Opérations
BESANÇON
TOURCOING

EAUX DE LAVAGE D’UNE CENTRALE A BETON


Récupérer les eaux de lavage d’une centrale à béton dans un bac de décantation, puis les recycler, permet de supprimer la pollution directe du sol par la laitance et les résidus de béton et de limiter celle de la nappe phréatique, ainsi que de réduire la consommation d’eau.

Sur la réalisation expérimentale de Villeurbanne où cette action a été mise en œuvre, l’investissement occasionné par le recyclage des eaux de lavage de la centrale s’est décomposé comme indiqué dans le tableau ci-après.La part d’investissement imputable à ce chantier a donc été évaluée à 13 600 F HT. L’économie d’eau réalisée, 1/3 m3 par jour, à raison de 15 F/m3, a généré un gain de 700 F HT. Le bilan économique global de cette opération de 113 logements est un surcoût de 12 900 F HT, une grande partie de l’investissement étant amorti sur le chantier.La reproduction de cette action est économiquement envisageable quand le prix de revient du béton prêt à l’emploi est sensiblement supérieur à celui du béton confectionné sur place, c’est-à-dire pour des chantiers de plus de 40 logements, et dépend de la conjoncture locale.

 
Investissements non amortissables sur d'autres chantiers (F HT) Investissements amortissables sur d'autres chantiers (F HT)
Réalisation de la fosse*
3 000
Achat de la pompe immergée
5000
Réalisation de l'aire de lavage*
6 000
Achat du groupe de lavage haute pression
7 000
Montage et démontage des équipements
1 000
TOTAL 10 000 TOTAL 12 000

 

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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