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Guide des "Chantiers Verts">>Thème>>Maîtrise de diverses Nuisances

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MAITRISE de diverses
NUISANCES
NUISANCES POUR LE VOISINAGE

Pour appréhender la réduction des nuisances pouvant gêner le voisinage d’un chantier, une réflexion commune est nécessaire avec les riverains d’une part, pour aller dans le sens de leurs préoccupations, et avec la municipalité d’autre part, pour bénéficier des infrastructures et moyens existants, ainsi que pour tenir compte d’éventuelles contraintes réglementaires municipales.

Les circulations

Limiter les circulations permet également de limiter les problèmes d’encombrement et de sécurité associés, dus à de nombreux et gros engins.

En terrassement, cela peut être obtenu par une diminution des rotations pour l’évacuation des déblais et l’apport de remblais. Les déblais peuvent être stockés sur un terrain limitrophe, la moitié restant sur ce terrain pour son remblai et l’autre moitié étant utilisée ultérieurement en remblai sur le chantier. Stocker les déblais près du site pour son remblai nécessite de l’espace sur le chantier ou sur un terrain à proximité. La possibilité de réaliser un remblai sur un terrain proche devrait être systématiquement étudiée, étant donné la facilité de mise en œuvre de ce principe, quand le contexte le permet, et les réductions induites de circulations et de coûts associés (y compris d’élimination des déblais).

En gros œuvre, quand le béton est fabriqué sur le chantier, les livraisons de matériaux en grande quantité, par semi-remorques, limitent les rotations. Cette solution est efficace mais nécessite de l’espace sur le chantier pour stocker les matériaux. On peut par ailleurs craindre des vols. Elle dépend également du système constructif, de la configuration des installations de chantier et des accès.

Les stationnements

Pour limiter les encombrements dus au stationnement des véhicules du personnel aux abords du chantier, plusieurs solutions peuvent être envisagées ; par exemple, dans le sous-sol du bâtiment en construction ou sur un parking à proximité du chantier, après accord avec la municipalité. Ces facilités de stationnement dépendent du type de bâtiment et du contexte du chantier (existence de parkings souterrains...).

Opérations
BESANÇON (Stockage)
VILLEURBANNE (Livraisons)

Les salissures

Pendant le terrassement, une rampe propre en sortie de chantier permet le décrottage des roues des camions avant leur accès sur la voie publique. Les dépôts de terre et les risques d’accidents, dus à une chaussée sale et glissante, sont ainsi réduits. Cette précaution peut être associée à une limitation des sorties de camions les jours de pluie et à un nettoyage des rues, manuel ou mécanique, en cas de salissure. Un contrôle journalier, par une personne de l’encadrement, est nécessaire. L’acceptation du nettoyage n’est pas évidente car il se renouvelle sans cesse et le nettoyage manuel est pénible. Sur la réalisation expérimentale de Besançon où ce type d’action a été mis en œuvre, le coût d’un balayage mécanique a été évalué entre 500 à 600 F. La reproductibilité de cette démarche dépend de la densité de circulation de camions, donc de la taille des chantiers. Une adaptation des choix est nécessaire site par site.

Opérations
BESANÇON
HELLEMMES
VILLEURBANNE

Pendant le gros œuvre, quand le béton est fa-briqué sur le chantier, l’installation d’un dépoussiéreur (matériel industriel standard) pour limiter la poussière émise lors du remplissage des silos à ciment, est d’un intérêt certain. L’achat du système de dépoussiérage, de l’ordre de 20 000 F HT, est amortissable sur plusieurs chantiers, ne présentant pas de pièce d’usure. Toutefois, il est assez sensible aux chocs extérieurs. Cet achat est reproductible sur les chantiers où sont implantées des centrales à béton et pourrait être imposé en site urbain.

Opérations
BESANÇON (décrottage des camions)
VILLEURBANNE (poussières des silos à ciment)

Les nuisances visuelles

L’installation autour d’un chantier d’une clô-ture grillagée sur plots en béton armé, pour ré-duire les dégradations liées à la curiosité des passants et supprimer les graffitis, et d’une palissade en bac acier de plus de 2 mètres près des bennes de tri, pour éviter les dépôts "sauvages", est à recommander.

Le coût de la clôture (240 F HT/ml) est identique à celui des palissades en bac acier traditionnelles moins hautes. Contrairement à ces dernières (souvent mises à la benne en fin de chantier), elle peut être utilisée 2 ou 3 fois. De plus, les coûts liés à la dégradation et à l’élimination de déchets extérieurs au chantier sont évités. Les maîtres d’ouvrage sont réticents vis-à-vis de cette clôture, dont la transparence nuit à la discrétion qu’ils souhaitent préserver, mais celle-ci peut aussi être un outil de communication sur leur opération.

PRODUITS ET TECHNIQUES MOINS NOCIFS

Une colle sans solvant

L’utilisation d’une colle à base de résines acryliques en dispersion et sans solvant organique, pour la pose des sols en plastique, est moins nocive pour les compagnons dont elle améliore les conditions de travail et l’environnement. Le résultat technique, le temps de préparation et les conditions de mise en œuvre sont comparables à ceux d’une colle standard.

Le choix de ce type de colle est à encourager, particulièrement pour le confort des compagnons, moyennant un surcoût d’environ 20 %.

Le découpage des ardoises en amiante-ciment (*)

Pour réaliser des travaux de finition sur les produits en amiante-ciment livrés prêts à poser, il faut privilégier les outils manuels, puis les outils motorisés à vitesse lente et éviter les outils à vitesse rapide sans système de piégeage des poussières émises. La découpe, par les couvreurs, des ardoises en amiante-ciment avec une pince à découper, au lieu d’une disqueuse par exemple, réduit notablement les risques de dispersion de fibres d’amiante libres inhalables. Les compagnons sont aisément sensibilisés à ce risque sur le chantier. Ces préconisations sont aussi valables pour la dépose des produits en amiante-ciment, pour laquelle il est recommandé de travailler au mouillé.

Opérations
CHAMBERY (colle et peinture)
VOGLANS (découpage des ardoises)

(*) Ce paragraphe devient sans objet pour la construction neuve à compter du 1er janvier 1997, date à partir de laquelle prend effet l’interdiction de fabrication, d’importation et de commercialisation des produits contenant de l’amiante. Cependant ces principes restent à suivre pour la dépose en réhabilitation et la démolition.

 
 
UNE PEINTURE EN PHASE AQUEUSE

La mise en œuvre d’une peinture en phase aqueuse, au lieu des peintures glycérophtaliques habituellement employées, est également plus agréable pour les compagnons, notamment par son odeur moins forte. Les brosses et pinceaux sont nettoyés à l’eau, sans produits pétroliers. Toutefois, sur le plan environnemental, seul le solvant organique est éliminé. La peinture, dans les fonds de pots et de bidons à éliminer, contient des pigments, éventuellement toxiques.

Techniquement, le pouvoir couvrant de la peinture utilisée est plus faible et nécessite trois couches. Le temps d’application est donc plus long et, par conséquent, revient plus cher, les prix des deux types de peinture étant comparables à l’achat.

Ce type de peinture est à retenir pour l’amélioration des conditions de travail des compagnons et sa moindre toxicité vis-à-vis de l’environnement, par rapport aux peintures glycérophtaliques.

Cependant, le choix de ces produits dépend du type de support et il est conditionné par une évolution de leur pouvoir couvrant et un contrôle de leur durabilité et de leur écotoxicité. Il conviendrait d’examiner sur ces points d’autres peintures en phase aqueuse présentes sur le marché.

 

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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