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MAITRISE de la production
des DECHETS en construction neuve

Maîtriser la production des déchets de chantier ne peut être une démarche isolée et doit faire partie d’une réflexion d’ensemble sur la qualité. Cette volonté, qui diminue les coûts de gestion des déchets, doit être envisagée dès la phase études, puis conception, et se poursuivre pendant la préparation de chantier et son exécution.
Elle est d’autant plus justifiée pour les déchets générés en grande quantité, quand leur tri par les compagnons est compliqué, quand l’espace manque sur le chantier pour trier à la source, et en l’absence de filière locale de valorisation économiquement viable.
Lorsque les choix de programmation ou de système constructif (facteur important des ratios de déchets produits) sont effectués et l’entreprise connue, une réflexion est possible et nécessaire entre le concepteur et les entreprises pour le calepinage, afin de limiter les chutes et pour optimiser différentes solutions constructives. Une logistique appropriée et une concertation entre entreprises et fournisseurs sur le conditionnement des produits sont aussi des moyens pour maîtriser la production de déchets.

CALEPINAGE

Le calepinage est la planification de la mise en œuvre des produits, de façon à limiter les chutes et la production de déchets. Il concerne les lots mettant en œuvre des produits en lés, en plaques ou générant des chutes : sols souples, cloisons et doublages...

Les solutions expérimentées sur les chantiers verts

Le calepinage est particulièrement justifié pour les cloisons et doublages, source considérable de déchets en second œuvre : 32 % en tonnage sur la réalisation expérimentale de Voglans. Il permet également de s’affranchir des problèmes logistiques majeurs de pré-tri des déchets de cloisons sur le chantier.

Sur la réalisation de Chambéry, le calepinage associé à des modes de pose limitant les chutes a contribué largement à la réduction de 18,5 % de déchets générés en second œuvre, par rapport aux chantiers de référence avec le même système constructif. Ceci suppose des équipes motivées.

Un autre exemple de calepinage sur cette opération concerne les modules coffrants en PSE (polystyrène expansé). Les chutes ont été limitées à moins de 3 % du volume approvisionné.

La réalisation en cours de Wambrechies doit tester la faisabilité d’un calepinage théorique des doublages isolants. Le plan de calepinage est fourni dans le DCE (Dossier de Consultation des Entreprises) et l’entreprise du lot doublages s’organise ensuite à sa guise. Il est toutefois recommandé de découper les plaques en atelier et de les approvisionner en "kits" par logement dans les garages, le découpage sur le chantier générant des nuisances (billes de PSE répandues).

APPROVISIONNEMENT ET LIMITATION DES EMBALLAGES

Les entreprises peuvent privilégier les fournisseurs proposant des emballages réduits, aisés à valoriser ou consignés. Sur la réalisation de Voglans, un fournisseur de menuiseries utilisait des palettes métalliques qu’il récupérait. Le gisement de palettes perdues, souvent important en second œuvre, a ainsi été réduit. Les menuiseries étaient attachées avec des sangles, seuls déchets d’emballage. Les conditions économiques des palettes consignées doivent rester acceptables pour les entreprises. Le stock doit être surveillé contre les vols. Les entreprises de second œuvre n’ayant pas toujours assez de poids pour changer les habitudes de conditionnement des fabricants, la reproduction de cette action sera facilitée par un partenariat.

Pour limiter les problèmes de stockage et de vol, les équipements (sanitaires par exemple) propres à un niveau ou un logement sont parfois décolisés et recolisés pour être livrés en un même lot (en kit) sur le chantier, au lieu d’être approvisionnés séparément, en grande quantité et dans des emballages distincts. Rationaliser les livraisons peut être une voie de réduction des déchets d’emballage et de casse, qu’il conviendrait d’évaluer plus en détail. Des entreprises de plomberie-chauffage, notamment, le proposent.

Mieux gérer les flux entrants et sortants, par exemple en limitant les fonds de toupie, et les stocks pour diminuer la casse ou toute dégradation des produits réduit les déchets générés.

Laisser la grue en place entre la fin du gros œuvre et le début du second œuvre, pour approvisionner les grosses quantités de matériaux du second œuvre à chaque niveau, restreint aussi les risques de casse et de gaspillage et les matériaux sensibles sont ainsi stockés à l’abri des intempéries. Les déchets sont réduits et l’écart entre le coût de location et d’utilisation de la grue et celui de la main d’œuvre pour l’approvisionnement humain est largement bénéficiaire. Cette action doit être prévue dès la préparation du chantier.

SOLUTIONS CONSTRUCTIVES

LES RESERVATIONS

Plusieurs types de réservations peuvent être mis en œuvre pour remplacer l’utilisation habituelle de PSE. Des produits plus rigides facilitent le nettoyage des réservations et du chantier et réduisent les déchets issus de cette opération, car ils sont réutilisés ou incorporés dans l’ouvrage. Une plus grande attention pour l’élaboration des plans et la mise en œuvre limite les repiquages au marteau-piqueur et les déchets associés. Ceci s’intègre dans une démarche qualité et nécessite une coordination importante en amont entre les corps d’état concernés.

Techniques expérimentées sur des chantiers verts
Trois types de réservations dans les planchers ont été expérimentés :

– Des réservations en deux temps, maximales lors du coulage du plancher, puis précises une fois tous les planchers réalisés, réduisent les erreurs grâce à l’utilisation du fil à plomb et à l’amplitude possible des mouvements des coffrages ainsi minimisée. Elles sont alors coffrées avec des bouts de canalisation en PVC, incorporés dans la dalle ou réutilisés quand ils se démoulent facilement. Ce principe est aisé à réaliser et à un coût a priori limité.

– Pour des chantiers de moyenne et faible importance, des boîtes en contreplaqué bakélisé, pyramidales, biseautées et emballées de plastique pour faciliter le décoffrage et favoriser la réutilisation, peuvent être utilisées. Cette solution technique est sans surcoût par rapport aux solutions habituelles. Il est cependant nécessaire de protéger les réservations de la pluie après le retrait des boîtes.

 

– Des cylindres métalliques spiralés prédécoupés peuvent être intégrés dans l’ouvrage dès la préfabrication de la dalle. La sécurité et la mise hors d’eau des étages inférieurs sont assurées par des couvercles étanches, posés sur les cylindres. Un surcoût d’environ 16 000 F HT a été induit pour réaliser 485 passages de gaines sur un chantier de 113 logements ; en revanche, les temps de mise en œuvre ont été notablement réduits.

Ces réservations sont plus intéressantes sur des opérations importantes, pour lesquelles les temps de préparation et d’organisation peuvent être optimisés.

Dans les voiles de façade, des ouvertures ont été réalisées avec des mannequins de baies métalliques préfabriqués. Leur coût est le double de celui des mannequins en bois, mais ils sont réemployés à chaque rotation de banche, alors que ceux en bois ne sont utilisables que dix fois au maximum. De plus, ils sont valorisables à la fin du chantier avec les métaux. Les dimensions des ouvertures variant d’un chantier à l’autre, leur emploi est plus intéressant pour les opérations importantes où ils sont utilisés de nombreuses fois.

LE MAINTIEN DES ACIERS EN ATTENTE

Les boîtes en plastique, habituellement utili-sées pour la protection des aciers en attente contre la pénétration de la laitance et stockées en classe II après emploi, peuvent être remplacées par un système de boîtes métalliques perdues dans l’ouvrage et de bandes plastiques aimantées réutilisables environ 100 fois. Le surcoût de ce systè-me, plus cher à l’achat, devrait être compensé par un gain de coût sur la gestion des déchets et la réutilisation possible de la bande plastique, et ce d’autant plus si la durabilité des bandes aimantées s’accroît.

Opérations

BESANÇON
BORDEAUX
CHAMBERY
LILLE
VOGLANS

 

 

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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