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Guide des "Chantiers Verts">>Thème>>Filières déchets

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FILIERES d’élimination des
DECHETS
en construction neuve

Les filières locales de valorisation et leurs critères d’acceptation (coût, qualité, quantité) doivent être identifiés en amont d’un chantier, après évaluation des quantités et types de déchets prévisibles. Ces initiatives permettent de cerner les actions prioritaires, à mener pour une réduction des déchets, et de choisir les déchets à trier. Consulter les plans départementaux et régionaux d’élimination des déchets facilite l’identification. Le coût de la filière comprend le tri et le conditionnement des déchets, la location de bennes, le transport, ainsi que le coût ou bénéfice des déchets cédés.

Un décret en projet devrait classer les déchets en trois catégories selon leurs propriétés de danger : inertes : béton, briques... ; dangereux dont les DIS (déchets industriels spéciaux) : emballages de silicone, peinture... ; ménagers et assimilés dont les DIB (déchets industriels banals), ni inertes, ni dangereux : plastiques, cartons... Les principales filières d’élimination sont la valorisation (réemploi et réutilisation, en démolition et réhabilitation surtout, recyclage, valorisation énergétique), l’incinération sans récupération d’énergie et le stockage.

 

CENTRES DE TRI ET DE REGROUPEMENT


Selon l’espace disponible et la taille des chantiers, le tri des déchets est plus ou moins facile. De plus, certains déchets sont produits en quantité trop faible pour rentabiliser leur tri et leur transport vers des filières de valorisation, voire pour intéresser des récupérateurs. Entre le tri sur chantier et l’achat du service d’un prestataire, qui facture le prix du stockage de classe II, commencent à se développer des centres de tri spécialisés dans les déchets de chantier. Les déchets sont repris en mélange ou avec un tri minimum, à des tarifs considérant le type de déchet et son degré de tri. Des centres de regroupement de déchets spécialisés, parfois associés aux centres de tri, voient également le jour.

VALORISATION

La valorisation matière des métaux ferreux et non ferreux, dans les fonderies, n’est pas développée ici car elle est opérationnelle et rentable de longue date sur les chantiers. Les coûts de valorisation des déchets varient avec ceux des matières premières.

LES INERTES

Produits à base de plâtre
Aujourd’hui, seules les chutes de fabrication sont recyclées dans les plaques de plâtre. Les usines implantées en France sont équipées, ou sur le point de l’être, d’un atelier de recyclage. Sur certains "chantiers verts", des accords ont été passés à titre expérimental avec des fabricants de plaques de plâtre pour recycler les chutes de cloisons et doublages. Les conditions économiques fixées dans ce cadre étaient très favorables (transport non facturé...). Elles seront à négocier sur chaque chantier. Les déchets doivent être triés avec précaution, abrités des intempéries, et les produits utilisés doivent provenir du même fabricant. Les coûts de stockage de ces déchets lourds sont évités. La reproductibilité de cette démarche suppose l’existence d’une usine recyclant les produits à base de plâtre à proximité et dépend de l’acceptation par l’industriel de ces déchets.

Autres déchets
Sur les réalisations expérimentales, les déchets minéraux du gros œuvre ont parfois été utilisés en remblai sur le site ou sur des terrains proches. Cette solution ne peut être envisagée que dans des conditions exceptionnelles, selon la qualité des matériaux propres et exempts de DIB, DIS, plâtre..., leur quantité et l’utilisation envisagée du terrain ainsi remblayé. Souvent, le seul coût induit est celui du régalage. Les déchets de béton propres en grande quantité sont recyclables dans des installations de concassage, dans les régions où elles existent (3), à des coûts variant selon leur qualité mais souvent inférieurs au stockage en classe III.

Les DIS

Des précautions sont à prendre pour la collecte et le stockage, le transport (obligation en France du suivi des DIS par un bordereau établi entre producteur, transporteur et destinataire) et le traitement des DIS. Certains peuvent bénéficier d’une valorisation matière (régénération de solvants) ou énergétique (combustible de substitution dans les cimenteries).

Quelques déchetteries, comme à Chambéry, acceptent contre paiement les DIS produits en petite quantité sur les chantiers. La reproductibilité de cette orientation implique la présence d’une déchetterie près du chantier et l’acceptation de déchets en provenance des entreprises, ce qui est plutôt rare et résulte d’accords locaux.

LES DIB

Bois non traités et certains bois traités, sans créosote et sans sels de CCA (Cuivre, Chrome, Arsenic)

Hors emballages, les déchets de bois sont surtout des déchets de mise en œuvre (coffrage, étaiements en fin de vie, chutes, casse...). Beaucoup sont adjuvantés (colles, finitions, produits de préservation...) ou souillés (ciment, mastic, huile de décoffrage...).

Ces déchets peuvent être broyés pour faire des panneaux de particules. Les bois traités sont parfois acceptés. Les prix facturés par les récupérateurs broyant le bois sont d’environ 100 à 150 F HT/t et restent inférieurs à ceux du stockage de classe II. Ils peuvent aussi être broyés et valorisés énergétiquement en chaufferie industrielle ou collective. L’acceptation des bois adjuvantés dépend du système de traitement des fumées de l’installation. Des chaufferies collectives existent dans des écoles, piscines, serres... Des chaufferies industrielles, plus nombreuses, sont présentes surtout dans les entreprises de transformation du bois pour éliminer leurs sous-produits.

Emballages
Les déchets d’emballage de chantier doivent être valorisés selon le décret du 13/07/94. Propres et secs (pour les cartons...), ils sont valorisés comme les emballages des autres activités. Toutefois, les récupérateurs refusent souvent les emballages en faible quantité.

Hormis lors de valorisation énergétique (onéreuse), les cartons sont souvent déchiquetés, mis en balles et vendus en papeterie. Selon les cours, les récupérateurs les achètent ou les reprennent gratuitement. Les housses PE (polyéthylène), sans étiquette et ruban adhésif, sont granulées et réintroduites dans le cycle de fabrication. Le PSE (polystyrène expansé) peut être densifié, broyé et réinjecté dans des lots de PSE vierge pour fabriquer des plaques d’isolation.

Les déchets d’emballages en bois sont des palettes perdues, cales, caisses palettes à claires-voies. Les palettes non consignées sont reprises gratuitement ou achetées quelques francs ou dizaines de francs selon l’état, le type et le transport, par des sociétés locales qui les réparent, un peu partout en France. Cependant, elles reprennent plus volontiers les palettes standard et ne se déplacent souvent que pour un stock important. Les emballages en bois suivent sinon les mêmes filières que les autres déchets de bois.

INCINERATION ET TRAITEMENT PHYSICO-CHIMIQUE

Les DIB combustibles peuvent être incinérés. Outre le stockage et la valorisation, les voies principales d’élimination des DIS sont le traitement physico-chimique des solutions minérales (acides, bases...) et l’incinération des déchets organiques (solvants organohalogénés...).

 

STOCKAGE

Les installations de stockage de classe I disposent souvent d’une installation de pré-traitement des déchets avant stockage. Il y en a douze aujourd’hui en France, principalement dans la moitié nord de la France, au détriment de la région Rhône-Alpes et du Sud-Ouest. Les exploitants des centres de stockage de classe II acceptent de plus en plus difficilement les déchets de chantier contenant des DIB mélangés à des pondéreux. Les coûts de stockage en classe II varient selon les régions et les exploitants.

Caractéristiques des types d'installations de stockage
Type de stockage
Type de déchets industriels
Coût en F HT/t*
Taxe ADEME en F HT/t en 1996
Classe I
DIS
de 450 à 1 100*
60
Classe II
DIB
de 80 à 300
30
Classe III
Déchets Inertes
de 0 à 50
/

* Le coût ne comprend pas le prétraitement ou la stabilisation

 

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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