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Informations >>Les Chantiers Verts
 

Réussir un chantier intégrant l'environnement

  Le relais de la maîtrise d’œuvre  
 

 

Si le maître d’ouvrage arrive le premier dans la liste des acteurs, les allers et retours entre lui et sa maîtrise d’œuvre (avec toutes ses composantes : architecte, BET, économiste...) mettent en valeur le devoir de conseil que l’équipe de maîtrise d’œuvre doit exercer. La complexité croissante des missions renforce le rôle de meneur d’équipe que la maîtrise d’œuvre peut jouer sur le chantier. Dans bien des cas, les modifications des pratiques sur le chantier, concernant l’environnement, passeront par une sensibilisation des maîtres d’œuvre et des économistes. Ceux-ci devront ensuite être un relais fort d’information et de sensibilisation notamment auprès des entreprises encore "novices" sur les thèmes environnementaux.

Le maître d’œuvre doit aussi traduire la volonté du maître d’ouvrage. Il rédige les cahiers des charges techniques, en introduisant les changements induits par une nouvelle façon de considérer le chantier. En matière de déchets, la modification des réglementations n’a pas suffi à modifier les habitudes ; actuellement, les CCTP types ne font aucunement mention des déchets sauf en indiquant que le maître d’ouvrage peut faire intervenir une société de nettoyage aux frais de l’entreprise négligente qui n’a pas évacué et nettoyé ses gravois (en application de la recommandation T1-91 de la Commission Centrale des Marchés).

Par ailleurs, la pollution des sols et des eaux par le chantier n’est pas réprimandée jusqu’à présent mais pourrait l’être dans un avenir proche, ces questions étant déjà portées devant les tribunaux dans d’autres pays européens.

L’équipe de maîtrise d’œuvre ne peut investir dans l’environnement qu’avec l’accord du maître d’ouvrage. Elle doit le rendre sensible à l’obligation de consacrer plus d’attention, de temps et de moyens qu’auparavant à la gestion des déchets, à la réduction du bruit, des poussières et des pollutions pour les hommes ou pour l’environnement. Elle doit aussi mettre en évidence les gains attendus sur d’autres postes.

Consultations et documents contractuels

Le maître d’ouvrage doit relayer son engagement vis-à-vis de l’environnement, auprès des entreprises, par la maîtrise d’œuvre qui rédige les documents du marché.

Dans le dossier de consultation des entreprises (DCE), des demandes spécifiques concernant l’environnement doivent apparaître. Elles peuvent se traduire par la nécessité de voir figurer dans les réponses des entreprises tous les éléments permettant de :

1 - chiffrer dans un descriptif détaillé le coût de la gestion des déchets (tri, transport, élimination) ;

2 - réduire le volume des déchets produits ;

3 - trier pour réduire les frais d’élimination des déchets ;

4 - préparer et organiser le chantier par rapport au tri ;

5 - diminuer les nuisances aux riverains telles que bruits, poussières, salissures, augmentation de la circulation et difficultés de stationnement ;

6 - diminuer les pollutions des sols et des eaux causées par le chantier, en utilisant des produits ou techniques "propres".

Le choix de ces éléments est fonction de chaque chantier et des contraintes qui s’y rapportent.

L’attention des entreprises est ainsi mobilisée sur des exigences environnementales claires et une même règle du jeu pour tous. Il n’est pas question d’un "critère environnemental" supplémentaire et plus ou moins optionnel mais d’une demande intégrée à l’acte de construire.

Ces exigences doivent être intégrées dans les CCAP et les CCTP et déclinées dans les différents chapitres des contrats : celui de la maîtrise d’œuvre pour le suivi (cf. paragraphe "suivi des prescriptions"), celui des entreprises soumissionnaires pour chacun des lots.

C’est ensuite à ces entreprises soumissionnaires de promouvoir leur compétence et leurs solutions dans leurs offres.

Une réflexion est en cours au Ministère de l’Equipement, du Logement, des Transports et du Tourisme pour mettre en place des outils de prescription tels que des clauses types à introduire dans les modèles de CCTP et CCAP existants pour les marchés publics.

Dans les marchés privés, les maîtres d’ouvrage se conforment généralement au CCAG proposé par la norme NF P 03-001, adapté du CCAG des marchés publics. Mais ils sont libres d’y ajouter ou d’en retirer des clauses ou de préparer leurs propres documents contractuels.

Le CCAG-travaux envisage une période de préparation pendant laquelle maître d’ouvrage, maître d’œuvre et entreprise prennent les dispositions préparatoires à l’exécution des travaux. Une gestion améliorée de l’environnement du chantier pourrait se loger dans ce cadre (cf. "la préparation de chantier").

La modification des pièces contractuelles est une façon simple et accessible pour entraîner un changement des pratiques des entreprises et pour améliorer la gestion environnementale des chantiers. Chaque maître d’ouvrage a l’opportunité de moduler et rédiger ces documents en fonction de ses objectifs, de ses priorités et de ses contraintes, dans le cadre réglementaire existant.

 

 

 

Le maître d'oeuvre face aux déchets

La maîtrise d’œuvre peut faire un choix dès le DCE, en accord avec le maître d’ouvrage, quant aux modes de gestion des déchets.

Elle peut par exemple envisager de créer un lot spécifique déchets. Cette méthode n’a pas été testée dans les REX Chantiers Verts mais d’autres expériences tendent à mettre en évidence la difficulté de gérer un tel lot. Des outils de quantification des déchets, adaptés aux chantiers, ne sont pas encore disponibles et les maîtres d’ouvrage ne sont, pour l’instant, pas assez armés pour évaluer les réponses à ce lot. De plus, un tel lot doit entraîner l’affichage de moins-values pour les entreprises de travaux, ce qui est difficile à mettre en place.

Une autre solution consiste à confier l’ensemble de la gestion logistique des déchets, sur le chantier, à l’entreprise générale ou au mandataire du groupement, ce qui a été fait sur les Chantiers Verts. Les résultats sont bons dès lors que l’entreprise s’implique suffisamment, notamment dans les interfaces avec les entreprises de second œuvre (cf. "le positionnement des entreprises").

Quelle que soit la solution retenue, elle tend à faire sortir la gestion des déchets du compte interentreprises (cf. chapitre sur la préparation de chantier). Le choix d’une solution peut dépendre du mode de dévolution des marchés et de l’estimation faite en amont du chantier des volumes, natures et coûts liés aux déchets.

Cette estimation implique l’architecte dans la recherche d’une réduction des volumes des déchets, selon les caractéristiques architecturales du bâtiment et les matériaux choisis : calepinages, matériaux ou produits générant peu de déchets, non toxiques, recyclables,etc. Elle renseigne en outre sur l’intérêt d’un tri et selon quels principes.

Le repérage des Déchets Industriels Spéciaux (DIS), comme l’amiante lors des déposes en réhabilitation ou comme certains bois traités, peut être intégré dans le CCTP. Certains déchets, comme le plâtre, pourraient à l’avenir nécessiter un stockage spécifique ; cette exigence sera alors utilement introduite dans un document contractuel.

Conception des bâtiments et environnement

La prise en compte de la démolition, au moment de la conception du bâtiment, est une démarche analogue à celle attendue des industriels sur les emballages de leurs produits. Cependant, elle concerne les démolitions qui s’effectueront dans un demi-siècle et nul ne peut dire quelles seront les conditions de la démolition et de la valorisation en 2050 ou 2100.

Par ailleurs le maître d’œuvre peut aussi intégrer l’environnement dans la conception des bâtiments sous de nombreux autres aspects (détaillés dans le document sur les REX HQE, Haute Qualité Environnementale, du PCA et du CSTB) : gestion de l’eau, performances thermiques, insertion dans l’environnement immédiat, produits et matériaux non nocifs envers l’environnement, etc.

 

 

 


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source PUCA "Les Chantiers Verts"