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Guide des "Chantiers Verts">>Thème>>Rex Montpellier

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OPTIMISER le TRI et
VALORISER
les DECHETS
LA PAILLADE A MONTPELLIER – HERAULT

Ce "chantier vert" de réhabilitation a porté sur l’optimisation de la qualité et du coût du tri des déchets. Celui-ci est réalisé à la source afin d’augmenter la proportion de déchets valorisables. La possibilité d’implanter une vaste aire de tri (1000 m2) au cœur du chantier et l’existence de filières locales de traitement et de valorisation des déchets, générés en quantités importantes sur un chantier de cette taille, ont favorisé cet objectif.

Situé dans une cité "difficile" (taux de chômage important, dégradation de l’environnement, etc.), ce chantier a également été l’occasion d’une opération d’insertion par l’économique et de formation de personnes en difficulté.

Chantier vert en cours de réalisation (septembre 1996).

• 9 bâtiments réhabilités, situés au nord-ouest de Montpellier.

• 574 logements sociaux, R+4, répartis en 69 cages d’escalier.

• SHOB environ 70 000 m2.

• SHA 42 238 m2.

LA GESTION DES DECHETS

A partir de l’identification et de la quantification des déchets prévisibles de dépose et de construction, une analyse approfondie des filières locales de traitement et de valorisation a été conduite par type de déchets. Un cahier des charges relatif au tri, induisant les méthodes de préparation et de tri des déchets à mettre en œuvre sur le chantier, ainsi que des outils d’estimation et de suivi des coûts de traitement de ces déchets ont également été étudiés dès l’origine du projet. Ce travail réalisé par l’entreprise générale (Auxial) est devenu, en phase de préparation de chantier, la clé d’un dialogue professionnel et constructif avec la société prestataire de services en matière de déchets (Nicollin).

Les entreprises sous-traitantes ont dû évacuer les déchets issus de leurs travaux de réhabilitation et les stocker provisoirement au bas des cages d’escalier. L’entreprise générale a ensuite pris, techniquement et financièrement, à sa charge la gestion de ces déchets. Les entreprises sous-traitantes n’avaient pas de budget "déchets" à prévoir dans le montant des travaux, la négociation de leurs contrats tenant compte de cette hypothèse.

• Collecte des déchets

Les déchets, déposés au bas des cages d’escaliers et préalablement conditionnés si nécessaire par les entreprises sous-traitantes (utilisation par exemple de "big bags" pour les "inertes" produits par le sablage des façades), ont été collectés, deux fois par jour, par une équipe de deux personnes de l’entreprise générale avec un camion. Les accès et abords des cages d’escalier étaient nettoyés lors de ces collectes.

• Tri optimisé des déchets à la source

Afin d’optimiser le tri des déchets, une aire de 1000 m2, clôturée par des tôles opaques, a été installée par l’entreprise générale à proximité immédiate des immeubles à réhabiliter.

Trois personnes en insertion par l’économique ont été affectées, par l’entreprise générale, à la collecte des déchets au bas des escaliers, à leur préparation et à leur tri. L’une d’elles, co-responsable, avec le chef de chantier, de la zone de tri, a assuré un rôle d’encadrement des deux autres.

Des ateliers de travail ont été aménagés sur l’aire de tri pour la préparation de certains déchets. Ainsi, l’installation d’un atelier de "démastiquage" a permis, au moyen d’une disqueuse, de déposer les vitrages des portes-fenêtres en bois tout en éliminant le mastic. Les portes-fenêtres démontées ont été "dévitrées" sur une table de travail spécifique, située à portée de la benne "verre". Elles ont ensuite été débarrassées de leurs paumelles, ferrures et autres objets métalliques. Enfin, le bois a été cassé pour diminuer le foisonnement et placé dans la benne adéquate.

Par ailleurs, un démontage des tableaux électriques, afin de séparer le bois et la céramique, et un démontage des persiennes, afin de séparer le bois et les éléments métalliques, ont été effectués.

L’aire de tri comprenait sept bennes de différents cubages, pour le stockage des diverses catégories de déchets triés en fonction des filières d’élimination retenues. La location, l’évacuation et le transport de ces bennes, vers les différents centres de traitement, ont été réalisés par une société prestataire de services (Nicollin) qui disposait elle-même d’un centre de tri de déchets d’emballages industriels, artisanaux et commerciaux. Cette société s’est avérée être un partenaire efficace, pour cette réalisation expérimentale, en s’impliquant fortement dans le choix des filières locales d’élimination, la négociation des coûts de traitement et la formation des ouvriers au tri des déchets à déposer dans les bennes.

• Valorisation des déchets

Les déchets, triés sur l’aire de tri du chantier puis éventuellement hors chantier, ont suivi les filières d’élimination suivantes :

Bois (benne de 15 m3)
Les palettes en bois et les déchets de bois exempts d’éléments métalliques ont été évacués vers un centre de tri (Nicollin), où ils ont été mélangés avec des déchets de bois brut afin de limiter le taux d’impuretés à 5 % environ, puis broyés. Ce broyat a ensuite été transporté (vers les Ramassages des Bois du Midi) pour être valorisé dans l’industrie du panneau de particules. Seuls les déchets de bois des portes palières (isoplanes) n’ont pu suivre cette filière de valorisation (problème des colles).

Ferraille (benne de 15 m3)
Les métaux (radiateurs, garde-corps, accessoires de menuiserie démontés, etc.) ont été triés et conditionnés (société St-Pierre), puis valorisés dans l’industrie sidérurgique.

Verre blanc (benne de 12 m3)
Le verre blanc des portes-fenêtres a été conditionné sous forme de calcin (société Solover) et recyclé dans la production du verre.

Emballages (benne de 10 m3)
Les emballages ont été triés dans un centre de tri (Nicollin). Les papiers et cartons propres y ont été déchiquetés et mis en balles, puis recyclés par une papeterie (Etienne), et les housses plastiques PE (polyéthylène) valorisées (société Sopave) pour la fabrication de sacs en plastique. Les emballages non valorisables (souillés ou en mélange) ont été stockés en installation de classe II, en l’absence de filière de valorisation économiquement viable.

"Inertes" (benne de 5 m3)
Les "inertes" (gravats, "inertes" issus du sablage des façades, faïence déposée, etc.) ont été évacués vers un centre de stockage d’"inertes" (Groupement Bec Nicollin), où ils ont été concassés puis réutilisés en sous-couche et remblai routier.

DIB non valorisables (benne de 10 m3)
Les DIB non valorisables (chutes d’étanchéité, petits éléments composites non démontables, copeaux, emballages souillés, etc.) ont été stockés en installation de classe II.

DIS (benne fermée et étanche de 18 m3)
Les DIS (pots de peinture et de colle) ont été incinérés avec récupération énergétique (société Solamat-Merex). Les déchets ultimes ont ensuite été enfouis en installation de classe I.

• Suivi des bennes

Des fiches de suivi des bennes de déchets, simples à remplir, ont été conçues.
A chaque enlèvement de benne correspondait une fiche où étaient inscrits le type de benne évacuée, le numéro de bon, la date, les noms et signatures d’un représentant de l’entreprise générale et du chauffeur.
Après le passage du camion sur les bascules des différents centres de traitement, la fiche était complétée par le résultat de la pesée et renvoyée à l’entreprise générale.
Les fiches de suivi des bennes et les bons de pesée figurant avec les factures ont été rapprochés en fin de mois. L’ensemble de ces données a permis de réaliser un suivi économique des filières d’élimination des déchets pendant le chantier.

Les coûts en F HT et valables au 20/04/96) sont les suivants
Bois Métaux Verre Emballage "Inerte" DIB non valorisable DIS
Cubage benne (m3) 15 15 12 12 5 10 18
1ère mise en place/benne 300 300 300 300 300 300 300
Location mensuelle/benne 0 0 0 0 0 0 488
Enlèvement/ benne 350 350 350 350 350 350 3 000
Frais traitement/tonne 150 0 0 250 10 si <300 mm
40 si >300 mm
300 5 500
Vente matériau 50 200 80 0 0 0 0

• Bilan et reproductibilité

Le système de collecte des déchets a été l’occasion de maintenir globalement le chantier plus propre, à la satisfaction des locataires. Pour être reproductible, il nécessite une véritable volonté du maître d’ouvrage, du maître d’œuvre, de l’entreprise générale et de la conduite de chantier.

De nombreuses filières de valorisation ont pu être retenues, limitant ainsi la mise en installation de stockage et générant dans certains cas des recettes liées à la vente des déchets. La reproductibilité dépend alors fortement de l’existence de filières d’élimination des déchets dans la région. Elle demande un recensement préalable des déchets, sous certains aspects plus aisé à réaliser pour les déchets d’un chantier de réhabilitation que pour ceux d’un chantier de construction neuve, ainsi qu’une analyse des filières locales d’élimination.
La simplicité des fiches de suivi des bennes favorise leur reproductibilité. L’efficacité du système requiert toutefois une certaine rigueur et la participation des différents intervenants.

L’installation de tri, qui a constitué le point central de cette réalisation expérimentale, s’est révélée efficace. La qualité du tri améliore celle du contenu des bennes. La proportion de déchets valorisables est ainsi augmentée d’où une réduction des quantités de déchets mis en installation de stockage.


 

Les ouvriers présents sur l’aire de tri étaient disponibles pour préparer les déchets, ce qui n’est pas forcément le cas dans un centre de tri spécialisé car certaines opérations de démontage nécessitent du temps (séparation des éléments métalliques des persiennes par exemple). Spécifiquement formés au tri, ils ont réalisé seuls le remplissage des différentes bennes ce qui a limité les erreurs. Le soin qu’ils ont apporté au dépôt des déchets dans les bennes a permis, en diminuant le foisonnement, de réduire le nombre de bennes à évacuer. Leur disponibilité a assuré le maintien de la propreté de la zone.

Plusieurs aspects sont à étudier pour envisager la reproductibilité du tri optimisé à la source :
– taille du chantier,
– espace disponible pour le tri,
– contexte d’insertion par l’économique,
– existence de filières locales de traitement et de valorisation des déchets.

Une réflexion poussée est donc à mener au démarrage du projet afin d’évaluer le niveau et la faisabilité du tri à la source. Le coût de la main-d’œuvre en particulier peut influer sur sa reproductibilité.

La démarche d’insertion par l’économique

Les trois personnes affectées à la zone de tri ont été embauchées, ainsi que quinze autres, à la suite d’un recrutement effectué parmi les habitants du site. La mise en place de ces mesures a été décidée d’un commun accord par l’Office HLM Hérault et l’entreprise générale (Auxial), dans le cadre du marché de travaux. Les entretiens des candidats, menés par l’entreprise et la Direction Départementale du Travail et de l’Emploi, ont abouti à l’embauche de neuf adultes bénéficiant d’un Contrat à Durée Déterminée ou d’un Contrat-Initiative-Emploi et de neuf jeunes de moins de 26 ans sous contrats de qualification.

Les personnes chargées de la collecte des déchets ont formé un relais d’information important avec les responsables du chantier. Habitant le quartier, elles ont largement participé aux bonnes relations avec les locataires et à la réduction des dégradations.

Les aides financières associées aux contrats de type insertion ont permis de limiter le coût de main-d’œuvre et ont participé à la viabilité économique de la démarche (collecte et traitement de proximité).

NATURE DES TRAVAUX

- Ravalement des façades, réfection des étanchéités, modification des halls d’entrée.

- Dépose et remplacement des menuiseries extérieures, des radiateurs, des portes palières et des tableaux électriques.

 

DEROULEMENT

• Début des travaux : février 1996
• Réception des travaux : prévue en avril 1997

INTERVENANTS DE LA REX

Partenaires de l’équipe :

• Maître d’ouvrage : Office HLM Hérault M. MELIN - Tél. : 04 67 84 75 00
• Architecte : S.C.P. CAREMOLI MIRAMOND
• Entreprise générale : AUXIAL Construction Montpellier M. CORNETTE -
Tél. : 04 67 22 50 51

Autres partenaires:

• DDTE Direction Départementale du Travail et de l’Emploi Mme MIFSUD
• Filières d’élimination des déchets : S.M.N. Groupe NICOLLIN

Partenaires financiers :

• Plan Construction et Architecture
• DRE Languedoc-Roussillon
• DDE Hérault

Suivi local : ADATIRE - ARCHEVIE Environnement M. OLIVE - Tél. : 04 67 95 01 02

Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél. : 01 40 50 28 60

source PUCA "Les Chantiers Verts"

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