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Réduire
les NUISANCES
avec les RIVERAINS
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RUE FAIDHERBE
A HELLEMMES NORD
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Les objectifs de ce "chantier vert"
étaient la réduction des nuisances, notamment acoustiques,
et une meilleure acceptation, par le voisinage, du chantier. A cet effet,
une identification des nuisances et une réflexion destinée
à les limiter ont été menées avec les riverains.
Il faut préciser que cette réalisation
est située en ville, dans un quartier résidentiel constitué
de maisons anciennes avec des jardinets et de petits immeubles.
Une école maternelle, dans laquelle les
élèves font la sieste laprès-midi, jouxte
lun des côtés du chantier. Des centres de soins sont
à proximité immédiate.
Les rues sont peu larges, la circulation et le
stationnement posaient déjà quelques problèmes,
aux heures de pointe et les jours de marché, avant loccupation
par le chantier dun terrain auparavant utilisé comme parking.
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Immeuble neuf en proche banlieue de Lille.
37 logements R+3.
SHOB = 3 238 m2.
SHON = 4 013 m2.
SHA = 2 595 m2.
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L'OPINION DES RIVERAINS
Quelques mois avant le démarrage des travaux,
une enquête a été menée auprès des
riverains, afin de connaître leurs appréhensions vis-à-vis
du futur chantier. Ce fut loccasion de les informer sur cette
opération et de cerner leur perception du quartier.
Cette enquête préalable a mis en évidence limportance
daborder le problème des nuisances de chantier vis-à-vis
du voisinage dans sa globalité, sans se focaliser sur un aspect,
par exemple le bruit. Il sest avéré que celui-ci
était considéré comme une fatalité et une
gêne passagère, tandis que la sécurité était
davantage un objet de préoccupation, de même que les perturbations
que la grue risquait de provoquer dans la réception des programmes
de télévision. Les riverains se souciaient également
de lécran visuel que constituerait le bâtiment et
de lapparition dun nouveau voisinage.
Une boîte aux lettres a été
installée, à lentrée du chantier, pour recueillir
leurs remarques et suggestions, tout au long de lopération.
Celles-ci devaient être ensuite discutées lors dune
séance du "groupe dintervention", composé
de riverains. La boîte aux lettres na jamais été
utilisée mais, en revanche, lOPAC, lentreprise et
la mairie ont reçu plusieurs courriers.
Pendant les travaux, la réunion de riverains,
qui a pourtant eu lieu au moment le plus bruyant (phase terrassements-fondations),
a montré que le mécontentement lié au bruit était
très limité. Lutilisation occasionnelle dun
marteau-piqueur est notée et perçue comme gênante
mais sa quasi-absence a aussi été remarquée. Quelques
personnes ont été gênées, lors de la dernière
phase du chantier, par des compagnons travaillant sur le bâtiment
et regardant dans leurs jardins.
Plus que le bruit, les riverains appréhendaient
les difficultés de circulation, de stationnement, ainsi que la
présence dun immeuble bouchant la vue, après le
chantier.
La communication a permis aux habitants de se rencontrer, dévoquer
la vie du quartier et les problèmes qui y sont liés, de
poser des questions à lOPAC sur lintégration
des nouvelles familles... mais linformation sur ce sujet est restée
insuffisante. Le soin apporté à linformation des
riverains a amélioré leur perception du chantier et a
aidé à une meilleure acceptation des changements du quartier.
Des nuisances prévues et annoncées ont été
mieux supportées.
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Il est donc important dappréhender
lensemble des nuisances, sans travailler uniquement laspect
acoustique, car elles forment un tout dans la réalité
du chantier comme dans lesprit des gens.
Le travail avec les habitants doit débuter bien avant le démarrage
des travaux pour pouvoir mettre en uvre certaines de leurs idées.
Les personnes consultées se sentent ensuite partie prenante et
contribuent aux bonnes relations entre le chantier et le quartier.
L'AMELIORATION DE LA SECURITE ET DE LA CIRCULATION
En sortie de chantier, un passage piétonnier
et des panneaux ont été installés pour réduire
la vitesse des véhicules. Un feu rouge a été mis
en place mais, étant plus perturbateur que régulateur
dans cette rue à sens unique, il a été enlevé
au bout dun mois.
Les livraisons sur le chantier ont été
planifiées et effectuées en dehors des jours de marché.
Les livreurs ont signé une "charte de bonne conduite".
Mais, globalement, la coordination avec la municipalité
a été insuffisante. Des solutions simples auraient pu
être mises en uvre. Par exemple pour le stationnement, alors
quil était difficile de se garer autour du chantier, un
parking situé à proximité na pas été
utilisé car insuffisamment aménagé, daccès
difficile et mal signalé.
Pour les habitants des parcelles privatives voisines
du chantier, le risque dintrusion, par le chantier, dans les jardins
a constitué au départ une crainte importante, qui sest
avérée non fondée. La garde du chantier la nuit,
pendant la dernière phase du chantier, pour éviter les
vols de matériaux et matériels les a rassurés.
La perte dintimité sur larrière
des immeubles, en raison de la présence des ouvriers en hauteur,
a en revanche été mal vécue par certains riverains.
Le gros uvre étant achevé
pour lhiver et les abords du chantier nettoyés quotidiennement,
les poussières et salissures ont été limitées.
Les riverains considèrent dailleurs comme normale la génération
d"un peu de poussière" pendant un chantier.
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LA REDUCTION DES NUISANCES ACOUSTIQUES
La prise en compte de lacoustique a exigé
plus de rigueur et de temps dans la préparation de chantier.
Les matériels et les techniques ont été évalués
en fonction de leurs émissions sonores. La consultation des entreprises
sous-traitantes sest effectuée bien en amont et de manière
approfondie. Les mesures décidées ont figuré dans
le plan qualité de lentreprise générale et
dans les contrats de sous-traitance. La sensibilisation du personnel
par lentreprise générale, sur les enjeux de lexpérimentation,
a dû être renouvelée. Le travail pédagogique
a été plus difficile avec les sous-traitants.
Organisation du chantier
Surélever le mur mitoyen entre lécole
et le chantier nétait satisfaisant ni économiquement,
ni acoustiquement. Pour les sources de bruit situées près
du sol, des mesures simples et efficaces ont été prises.
Les équipements logistiques, tels que les baraques de chantier
ou même les stockages de matériaux sur palettes à
certaines phases, ont été placés de telle façon
quils servent décran acoustique entre le chantier
et le voisinage.Il avait aussi été envisagé dadapter
les horaires du chantier pour respecter la sieste des enfants de lécole
mitoyenne, ce qui na pas été nécessaire au
vu des niveaux de bruit émis.
Pour réduire les coups de klaxon de recul
et les manuvres sur la voie publique, les entrées en marche
arrière des camions sur le chantier ont au départ été
limitées. En cours de chantier, la zone de stockage (notamment
de treillis soudés) a été agrandie pour réduire
les rotations de camions, limitant les demi-tours sur le site. Ce choix
sest avéré correspondre aux attentes des riverains.
Un talkie-walkie a été utilisé pour communiquer
avec le grutier, limitant ainsi les cris.
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Matériels
Des marteaux-piqueurs pneumatiques, initialement
bannis du chantier, nont été utilisés que
ponctuellement ou remplacés par des marteaux-piqueurs électriques.
Notamment, le recépage des têtes de pieux à la pince
hydraulique a permis de ne pas utiliser de marteaux-piqueurs. Cette
solution coûteuse devra plutôt être préconisée
sur des chantiers où un plus grand nombre de pieux est à
recéper, de façon à réaliser une économie
déchelle.
Les banches ont été équipées
décrous serrés à la clé, aussi efficaces
que ceux à ailettes serrés à coups de marteau.
Veiller à la propreté des tiges filetées a pris
un peu de temps mais na pas induit de surcoût, cette tâche
étant comprise dans le cycle de bétonnage par ailleurs
inchangé.
Le bilan de ces actions est globalement très
positif si lon se réfère aux enquêtes réalisées
auprès des riverains en fin de chantier. Toutefois, il est très
difficile dévaluer dans quelle mesure linformation
préalable a favorisé lacceptation des nuisances
causées par le chantier.
En revanche, les entreprises sous-traitantes sont
réticentes, peu motivées par un plan qualité et
une démarche a priori sans retombées pour elles. Les conséquences
sur le bruit émis sont néanmoins limitées car elles
travaillent dans le bâtiment couvert.
La maîtrise douvrage, qui gère
habituellement les relations avec les riverains, juge intéressante
lamélioration ou la systématisation de cette démarche
qui limite les plaintes.
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| Des
mesures acoustiques ont été réalisées
sur deux points fixes en limite du chantier (dont un en limite de
l'école). Leur principaux enseignements sont repris dans
ce tableau : |
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Phase
de travaux
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Leq*
en dB(A)
|
Lieu
de mesure
|
Niveaux
de pointe en dB(A)
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|
Situation
initiale
|
53
et 55 (7h30 - 16h)
|
2
points fixes
|
75
à 80
|
|
Terrassements-
Fondations
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67
et 71,5 (8h00 - 17h00)
|
2
points fixes
|
90
|
|
Pelle
hydraulique
|
83
(sur 60s) chargement
|
à
3 m
|
/
|
|
85
(sur 60s) terrassement
|
à
3 m
|
/
|
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Toupie
(recul)
|
84
(sur 60s), fluctuant de 20 à 30 dB(A)
|
à
4 m de l'axe de déplacement.
|
98
|
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Infrastructures
: recépage des pieux et fabrication des longrines
|
68
et 70 (8h00 - 18h00)
|
2
points fixes
|
90
|
|
Toupie
(déchargement)
|
76
(sur 5 mn)
|
Point
fixe en limite d'école. Toupie à 10 m.
|
/
|
|
Gros
oeuvre
|
68
et 72 (9h00 - 17h00)
|
2
points fixes
|
88 en limite d'école
|
|
Martelage
benne à béton
|
90
(sur 60s)
|
à
10 m
|
100
|
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Sciage
de briques
|
90
(sur 60s)
|
à
3 m
|
95
|
|
Déchargement
de palettes de parpaing
|
76
(sur 60s)
|
à
15 m
|
90
|
|
Installation
échafaudage mural
|
69
(sur 40s)
|
à 10 m
|
80
|
|
Second
oeuvre
|
57
et 56 (8h00 - 16h30)
|
2
points fixes
|
/
|
* Leq : niveau continu équivalent,
correspondant au niveau sonoe stable qui, sur la même durée
comporterait la même quantité d'énergie que le signal
fluctuant réellement mesuré.
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Encore des idées
Globalement, le périmètre dinfluence
acoustique dun bâtiment de peu détages est
inférieur à 50 mètres. Le site était initialement
peu bruyant en journée, exceptions faites de passages de véhicules
(principalement des bus), de cris denfants...
Pendant la phase de terrassement-fondations qui
a eu lieu lété, lorsque les gens profitaient de
leur jardin et ouvraient leurs fenêtres, la pelle hydraulique
particulièrement bruyante a causé beaucoup de désagréments.
En contrepartie, les enfants étaient en vacances et nen
ont donc pas souffert. Le klaxon de recul des camions entrant sur le
chantier, même limité, a été mal ressenti.
En phase gros uvre, le martelage de la benne
à béton, les livraisons des palettes de parpaings avec
un camion équipé dun moteur thermique deux temps,
le sciage des briques et linstallation de léchafaudage
mural ont été des opérations bruyantes. Dans lensemble,
les sources de bruit sont nombreuses, de courte durée, mais dintensité
importante et sont situées près des limites de chantier.
Installer le poste de sciage et marteler la benne à béton
dans une zone telle que le bâtiment fasse écran aux émissions
sonores aurait permis de limiter les niveaux de bruit. Reste le problème
de la maîtrise des bruits des engins de livraison des différents
fournisseurs.
En second uvre, les émissions sonores
sont faibles. Dès que le bâtiment est clos, après
la pose des menuiseries extérieures, quasiment aucun bruit provenant
des travaux intérieurs nest perçu.
Il nexiste donc pas de recette unique pour
traiter la gêne acoustique. Chaque point particulier a priori
bruyant doit être étudié mais il sera toujours spécifique
à un chantier donné.
Les niveaux de bruit dépendent de lenvironnement
du chantier, de son avancement, de la différence notable entre
la puissance acoustique théorique des engins et matériels
et sa valeur réelle (selon lentretien, le mode dutilisation,
lâge...). On peut tout au plus se fixer un niveau donné
en limite de chantier.
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Début des travaux : juin 1995
Réception des travaux : avril 1996
Durée de lexpérimentation : septembre 1994
à juin 1996
INTERVENANTS DE LA REX
Partenaires de léquipe :
Maître douvrage : OPAC du Nord M. DESPLANCKE - Tél.
: 03 20 78 57 20
Entreprise générale : NORPAC (Villeneuve dAscq)
MM. DUBOUT et SEPTIER - Tél. : 03 20 64 40 00
Mesures acoustiques : Laboratoire Régional des Ponts et
Chaussées
Information et enquêtes sociologiques : CSTB
Autres partenaires:
Maître duvre : Architecte E. Boyeldieu
Partenaires financiers :
Plan Construction et Architecture
Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais
DDE du Nord
Suivi local : CETE du Nord-Picardie M.DEMONT - Tél.
: 03 20 49 62 67
Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél.
: 01 40 50 28 60
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source PUCA "Les Chantiers Verts"
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