| <
retour |
Qu'est ce qu'un
chantier respectueux de l'environnement ?
|
|
|
| |
Pour
la protection de l'environnement
|
|
|
| |
La protection de lenvironnement et de la santé est depuis
quelques années au centre des choix stratégiques des acteurs
de la construction locaux, nationaux, européens, voire internationaux.
La production de matériaux et de produits pour le bâtiment,
leur mise en uvre, leur usage et maintenance, leur recyclage ou
lélimination des déchets induits peuvent avoir un
impact environnemental important et des effets éventuels sur
la santé.
|
|
|
| |
La
pollution des sols et des eaux
|
|
|
|
Thèmes
Réduction
de la pollution des sols et des eaux
|
Au cours dun chantier, en labsence de précautions
particulières, diverses substances liquides sont susceptibles
dêtre déversées sur le sol et dêtre
entraînées vers les nappes phréatiques, générant
des pollutions parfois difficiles à résorber. De même,
le rejet, dans les réseaux de collecte et dévacuation
des eaux pluviales et des eaux usées, de solvants et autres produits
dangereux est susceptible de créer des pollutions importantes.
Il peut aussi endommager les réseaux et les installations de
traitement des eaux usées. En outre, ces substances peuvent nuire
à la santé du personnel dexploitation. Aussi des
systèmes de rétention et de collecte de ces produits sur
le chantier, en vue de leur élimination conforme à la
réglementation, doivent être prévus.
Larticle L35-8 du Code de la Santé
Publique interdit le déversement deaux usées, autres
que domestiques, dans les égouts publics sans autorisation préalable
de la collectivité.
Le Règlement sanitaire départemental
type (Circulaire du 9 août 1978) interdit dans son article 29.2
dintroduire directement, dans les ouvrages publics dévacuation
des eaux pluviales et usées, toute matière, notamment
les hydrocarbures, susceptible dinduire un danger pour le personnel
dexploitation des ouvrages dévacuation et de traitement
des eaux, de dégrader ces ouvrages ou de gêner leur fonctionnement.
De plus dans son article 90, il interdit les déversements ou
dépôts de matières usées ou dangereuses dans
les voies, plans deau ou nappes.
Quand le béton est fabriqué sur le chantier, le sol et
les nappes phréatiques peuvent être pollués par
les eaux de lavage de la centrale, constituées de laitance et
de résidus de béton. Des systèmes de récupération
et de décantation de ces eaux doivent être prévus.
Par ailleurs, il faut empêcher le déversement de laitance
de béton dans les réseaux, qui peuvent à terme
être obstrués après séchage.
Quant aux huiles de décoffrage, leur application ne fait aujourdhui
lobjet daucune précaution particulière, tant
en termes de ratios de consommation que de mesures de protection des
sols sur les lieux de remplissage des pulvérisateurs et denhuilage
des banches. Des études préliminaires de vulnérabilité
du terrain devraient être systématiquement menées
afin de préciser les mesures à prendre pour limiter ces
pollutions.
Le Décret n°77-254 du 8 mars 1977
interdit le déversement, par rejet ou après ruissellement
sur le sol ou infiltration, des huiles (huiles de graissage etc.) et
lubrifiants neufs ou usagés dans les eaux superficielles, souterraines
et de mer.
Larticle 2 du Décret n°79-981
du 21 novembre 1979 oblige les détenteurs dhuiles minérales
ou synthétiques usagées, provenant de leurs installations
et accumulées dans leur propre établissement en raison
dactivités professionnelles, à les recueillir et
les sto-cker en évitant notamment les mélanges avec de
leau ou tout autre déchet non huileux. Ils doivent les
conserver dans des installations étanches jusquà
leur ramassage ou leur élimination.
|
|
Opérations
VILLEURBANNE
|
| |
|
Opérations
BESANÇON
CHAMBERY
TOURCOING
|
| |
Les
déchets
Les enjeux
Comme les activités industrielles, lactivité Bâtiment
consomme des ressources naturelles et génère des quantités
non négligeables de déchets.
|
|
|
| |
|
Quantification
des déchets de construction et de réhabilitation
|
|
En milliers de tonnes
|
Construction
|
Réhabilitation |
|
Dépose
|
Construction
|
Total
|
|
inertes
|
1879
|
6 578
|
527
|
7 105
|
|
DIB*
|
204
|
2 745
|
131
|
2 876
|
|
Emballages (DIB)
|
169
|
0
|
127
|
127
|
|
DIS**
|
57
|
1 177
|
94
|
1 271
|
|
TOTAL
|
2309
|
10 500
|
879
|
11 379
|
*
DIB : Déchets Industriels Banals, DIS** : déchets Industriels
Spéciaux
Source : Déchets de chantiers. quantification nationale, FNB- ADEME,
janvier 1996
|
|
|
| |
Les déchets de chantier de bâtiment, y compris ceux issus
de la démolition, représentent au total environ 31 millions
de tonnes produites par an, soit léquivalent du tonnage
annuel des ordures ménagères.
Ils se répartissent de la façon suivante par type de
chantier :
|
|
|
| |
Les déchets de démolition et de dépose se caractérisent
donc par un volume et un poids très nettement supérieurs
à ceux des autres déchets de chantier. Les déchets
issus de la construction neuve et de la reconstruction sont souvent
"propres" ou pourraient lêtre sils étaient
triés à la source (notamment les emballages). Ils proviennent
dune multitude de produits et matériaux, générés
en faibles quantités ; leur gisement est variable dans lespace
et dans le temps, au gré des chantiers.
Lélimination de lensemble des déchets de
chantier représente aujourdhui environ 2 % du chiffre daffaires
global du secteur Bâtiment, soit environ 9 milliards de F HT.
Ce chiffre ne cesse daugmenter en raison de laccroissement
des coûts de traitement ou de stockage des déchets : lenjeu
économique est important.
La Loi n°92-646 du 13 juillet 1992 (modifiant
la Loi 75-633 du 15 juillet 1975 relative à lélimination
des déchets et à la récupération des matériaux)
définit le responsable de lélimination des déchets
: cest leur producteur ou leur détenteur. Elle précise
en outre quà compter du 1er juillet 2002, les installations
de stockage des déchets ne seront autorisées à
accueillir que des déchets ultimes.
La deuxième version du Guide relatif aux Déchets de
Chantier à lUsage des Professionnels du Bâtiment,
auquel ont notamment participé les Ministères du Logement
et de lEnvironnement, la FNB, lADEME et le CSTB, fait le
point sur lensemble de la question des déchets de chantier
et sera disponible auprès des organismes sus-cités dici
fin 1997.
Laccroissement des exigences de la réglementation, notamment
la Loi du 13 juillet 1992, rend nécessaire la maîtrise
des flux de déchets. Face à léloignement
et à la raréfaction des installations de stockage, aux
coûts sans cesse croissants du stockage et des taxes, il est indispensable
de réduire la production des déchets à la source,
puis de privilégier le traitement et la valorisation par réemploi,
réutilisation, recyclage ou valorisation énergétique.
Ces deux démarches sont devenues des priorités incontournables.
La gestion des déchets générés sur un chantier
de construction ou de réhabilitation de bâtiment peut senvisager
selon trois axes : une réflexion sur les flux entrants, une réflexion
sur les flux sortants et une réflexion sur les aspects techniques
et organisationnels des solutions mises en uvre sur le chantier.
|
|
|
|
Thèmes
Réduction de la pollution des sols et des eaux
Maîtrise
de la production de déchets en construction neuve |
Les flux entrants
Le mode dapprovisionnement des matériaux et produits sur
un chantier influe sur les quantités de déchets générées
du fait des quantités approvisionnées à chaque
livraison, des dimensions des matériaux et produits proposés
par le fabricant, de leur conditionnement. Par exemple, une quantité
de matériaux et produits inadaptée aux moyens dentreposage
disponibles sur le chantier induit des risques de dégradation
et de casse, sources de déchets.
Une réflexion commune est nécessaire entre les fabricants
des produits et matériaux du bâtiment et les entreprises
qui les mettent en uvre. Elle doit porter sur létude
de systèmes de conditionnement réduisant au maximum les
quantités demballages, notamment ceux non réutilisables
et difficiles à valoriser, tout en prenant en compte les contraintes
liées à la manutention et à lorganisation
sur le chantier. Les produits pourraient par ailleurs être conçus
de façon à minimiser les chutes de mise en uvre,
ce qui dépend de ladéquation des dimensions de chaque
unité à lemploi envisagé.
|
|
Opérations
BORDEAUX
VOGLANS
|
|
Thèmes
Maîtrise
de la production de déchets en construction neuve
|
Les aspects techniques et organisationnels sur le chantier
Réduction de la production de déchets
Une politique de gestion des déchets de chantier doit, tout
dabord, viser une réduction à la source en quantité
et en toxicité, suivie dune valorisation des déchets
quand des filières locales le permettent.
Par ailleurs, une minimisation des casses et dégradations diverses
repose, pour une grande part, sur le choix de moyens logistiques souvent
simples auxquels il convient de réfléchir dès la
phase de préparation de chantier.
Des actions doivent également être menées au niveau
de la conception des bâtiments. Le choix des techniques mises
en uvre et des produits et matériaux utilisés, influe
sur les quantités et natures de déchets plus ou moins
aisés à valoriser et plus ou moins nocifs : calepinage,
précision des plans et des réservations,... Ces différents
points doivent faire lobjet dune réflexion entre
le concepteur et les entreprises. Chaque corps de métier doit
envisager de nouvelles méthodes permettant de produire moins
de déchets.
|
|
Opérations
CHAMBERY
LILLE
VILLEURBANNE
VOGLANS
WAMBRECHIES
|
| |
Témoignage :
Philippe PINTIAUX - SA HLM SLE de Lille - Maître dOuvrage
Michel VANLERBERGHE, OTH - Bureau dEtudes Techniques Chantier Vert
de Wambrechies
Une source déconomies
"Un bailleur-social est très soucieux
de lanalyse de la valeur ; or il est conscient quune préparation
rigoureuse des chantiers et une gestion des déchets permettent
de réaliser des économies.
Limiter les déchets à la source apporte
une économie sur le coût de construction et facilite lobtention
dun chantier propre. Nous avons choisi de réduire les déchets,
particulièrement volumineux, des cloisons de doublage en pratiquant
un calepinage précis des panneaux à poser. Les entreprises
travaillant en corps détat séparés y ont été
sensibilisées bien avant le démarrage du chantier. Avant
tout, les différents chefs de chantier doivent saccorder
entre eux et chacun doit vraiment adhérer à la démarche.
Dune façon générale,
les chantiers "verts" ne doivent pas être des projets
de "cols blancs". Ils doivent être préparés
par des personnes qui connaissent le chantier et ceux qui y travaillent.
Et ils doivent engendrer une méthodologie reproductible."
|
|
|
|
Thèmes
Pré-tri
des déchets en construction neuve |
Ces aspects techniques et organisationnels, qui influent sur la production
de déchets, font partie intégrante dune démarche
globale sur la qualité.
Tous les acteurs du chantier, concepteur, personnel dencadrement,
compagnons, doivent y être sensibilisés.
Pré-tri des déchets
Trier les déchets à la source, sur le chantier, est
plus aisé que les trier après mélange et évite
les souillures potentielles. Le niveau de tri à retenir est fonction
du type et de la taille du chantier, des infrastructures et des filières
de valorisation locales. Le degré de tri sera donc différent
dune région à une autre comme dun chantier
à un autre sur une même commune.
Dans tous les cas de figure, les DIS (Déchets Industriels Spéciaux)
doivent déjà être séparés ; un tri
entre les déchets "inertes" et les DIB (Déchets
Industriels Banals) devait être systématiquement envisagé.
|
|
Opérations
BESANÇON
CHAMBERY
LILLE
MONTPELLIER
NEVERS
VILLEURBANNE
VOGLANS
WAMBRECHIES
|
| |
Les flux sortants du chantier
La pratique actuelle consiste à envoyer la quasi-totalité
des déchets générés sur les chantiers en
installation de stockage. Elle ne pourra évoluer quen fonction
des mises en place de centres de tri et regroupement et de filières
de valorisation, en complément de centres de stockage.
Cette nécessaire croissance du recours à la valorisation,
à la place du stockage, concerne lensemble des déchets
issus de chantiers : matériaux, produits et équipements.
Tous les acteurs professionnels sont concernés du maître
douvrage à lindustriel, ainsi que les collectivités
et les pouvoirs publics locaux qui élaborent les plans départementaux
ou régionaux délimination des déchets. Une
réflexion tant nationale que locale simpose.
|
|
|
| |
|
Caractéristiques actuelles des types
d'installations de stockage de déchets
|
| Type
de stockage |
Type
de déchets industriels acceptés |
Contrôle
de la composition des déchets |
Coût
en FHT |
| classe
I |
Déchets
Industriels Spéciaux (essentiellement solides, minéraux,
stabilisés à court terme) |
-
Test de lixiviation
- Limitations sur : pH, partie organique et biologique |
de
450 à 1100* |
| classe
II |
Déchets
Iindustriels Banals |
Contrôle
visuel |
de
100 à 350 |
| classe
III |
Déchets
Inertes |
Contrôle
visuel |
de
0 à 80 |
|
|
|
|
Thèmes
Filière
d'élimination des déchets en construction neuve
|
* Le coût ne comprend pas le pré-traitement
ou la stabilisation
Deux textes règlementaires concernant directement les déchets
de chantier sont en préparation au Ministère de lEnvironnement
:
un décret relatif aux différentes
catégories de déchets classés en fonction de leurs
propriétés de danger,
un arrêté ministériel
relatif aux décharges existantes et aux nouvelles installations
de stockage de déchets ménagers et assimilés (classe
II).
En outre le Décret 94-609 du 13 juillet
1994, relatif aux déchets demballage dont les détenteurs
ne sont pas les ménages, oblige les entreprises produisant des
déchets demballages industriels et commerciaux à
les (faire) valoriser. Ils doivent par ailleurs être stockés
sur le chantier dans des conditions propres à favoriser leur
valorisation ultérieure. La seule exception concerne les entreprises
produisant moins de 1 100 litres par semaine et utilisant, pour les
éliminer, les services de collecte des ordures de la commune.
Le brûlage sauvage des déchets
sur le chantier ou en dehors est interdit (article 84 du Règlement
sanitaire départemental type et article 7 de la Loi 75-633 du
15 juillet 1975 modifiée). Les déchets doivent être
éliminés par des opérateurs autorisés, le
plus souvent dans des installations classées (Loi 76-663 du 19
juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection
de lenvironnement).
Pour aller dans le sens de la réglementation, il convient, avant
le démarrage des travaux, de rechercher les possibilités
locales et économiquement viables de valorisation des déchets.
La différenciation des flux sortants dépend de lexistence
de filières spécifiques viables et de la possibilité
de trier le matériau correspondant à la filière.
Pour ce faire, il est nécessaire de consulter en amont, dune
part, des organismes locaux comme les DRIRE, les Délégations
régionales de lADEME, les Fédérations locales
du BTP et les CAPEB départementales, dautre part, les Plans
régionaux et départementaux délimination
des déchets, et les plans spécifiques aux déchets
de chantier quand ils existent.
La comparaison entre plusieurs filières pour un même déchet
est effectuée sur les critères suivants :
intérêt de linterlocuteur pour la démarche,
prix de reprise du matériau,
distance du chantier au siège de lentreprise de
récupération,
possibilité et prix de location du matériel de
stockage,
coût du transport,
polyvalence (récupération de plusieurs types de
déchets),
collaboration avec un autre récupérateur ou avec
un sous-traitant,
prestation de service (dépose de matériel en réhabilitation).
La cotation de ces critères peut être ramenée à
une évaluation économique.
|
|
|
| <
retour |
source PUCA "Les Chantiers
Verts"
|
|
|