Maîtrise
et valorisation des
DECHETS DE CHANTIER
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AVENUE
DE BASSENS A CHAMBERY SAVOIE
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Les objectifs de ce "chantier vert"
étaient de maîtriser la production de déchets à
la source et de trier les déchets sur le chantier en vue de les
valoriser, après avoir analysé les filières locales
existantes.
Dautres actions ponctuelles, comme la déconstruction
du bâtiment préexistant, lutilisation dune
colle sans solvant, la réduction des nuisances visuelles et la
protection du chantier ont été par ailleurs menées.
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Chantier vert :
Immeuble neuf en zone périurbaine.
40 logements R+5 et R+6.
Garages et caves en sous-sol.
Façades : blocs coffrants en PSE (polystyrène expansé).
SHOB 4 770 m2.
SHON 3 076 m2.
SHA 2 557 m2.
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LA REDUCTION DES DECHETS A LA SOURCE
La réduction de la production de déchets,
par rapport à des chantiers de référence conduits
en entreprise générale, étudiés par léquipe,
a été denviron 20 %, ce qui correspond à
un ratio de production de déchets sur lopération
de 0,112 m3/m2 hab (habitable) au lieu de 0,141 m3/m2 hab. Pour arriver
à ce résultat, les actions suivantes ont été
mises en uvre.
Systèmes coffrants
Les façades ont été coffrées
avec des blocs en PSE emboîtés à sec, sur la hauteur
dun étage, dans lesquels un voile porteur en béton
armé a été coulé. Ce procédé
assure une isolation sur les faces intérieure et extérieure
et supprime les ponts thermiques. Il permet un calepinage sur plans
et une optimisation du nombre de modules mis en place, doù
une réduction notable des déchets produits en phase gros
uvre. Cette réduction a été estimée,
sur ce chantier, à 23 % (0,027 m3/m2 hab, contre 0,035 sur un
chantier traditionnel de référence ne mettant pas en uvre
ce système coffrant). Les seuls déchets générés
résultent de casse et des rabotages, par le façadier,
des excroissances formées par le gonflement du PSE suite au coulage
du béton. Les grains de PSE mélangés en pied de
façade avec les chutes importantes du PUR (polyuréthanne),
bouchant les trous des blocs coffrants, donnent un aspect assez sale
au chantier. Les chutes de pose ont représenté 2,79 %
du volume approvisionné, soit 5,86 dm3/m2 hab.
La facilité de manipulation (une palette
de 1 m3 de blocs pèse 14 kg et un module de base 640 g) et de
pose des blocs réduit également les erreurs, donc les
déchets produits. Cette technique est moins pénible que
celle des banches traditionnelles et, le personnel dencadrement
ayant sensibilisé les compagnons sur son intérêt,
elle a été vite assimilée et globalement appréciée,
sauf lors de lexécution des finitions de façades
(rabotages).
Lemploi dhuile de décoffrage
est limité aux ouvrages particuliers irréalisables avec
les blocs. Le bruit des travaux est sensiblement réduit du fait
de labsence de contact de vibreurs avec des banches métalliques
par rapport à une solution traditionnelle. De plus, les quatre
façades réalisées avec ce coffrage isolant forment
une enceinte qui limite la propagation du bruit vers le voisinage, lors
du coulage des murs banchés à lintérieur.
Les coups de marteau pour la mise en place des banches disparaissent
aussi.
A qualité thermique équivalente,
ce choix est un peu moins cher que le béton armé pour
un bâtiment à isolation extérieure (denviron
3 %) et un peu plus cher pour une isolation intérieure (denviron
5 %). Cette solution technique est reproductible, avec des limites comme
la réalisation de décrochés de façade, la
hauteur des ouvrages... et moyennant une réflexion préalable
entre le concepteur et lentreprise pour le calepinage.
Cloisons et doublages
Le calepinage, les modes opératoires de
pose des niveaux les plus hauts vers les plus bas, pour réutiliser
les chutes au lieu de les jeter au sol, et la motivation des équipes
du lot cloisons-doublages ont réduit notablement les déchets
produits. Les compagnons dépendent de lentreprise générale
et sont bien sensibilisés. Ils ont pris linitiative de
limiter les chutes.
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Il ny a quasiment pas eu de chutes de grande taille, hormis les
plaques demballage. La production moyenne de déchets à
base de plâtre a été de 80 dm3/logt et a contribué
largement au ratio de 0,085 m3/m2 hab de déchets obtenu en second
uvre au lieu de 0,103 en moyenne sur les chantiers de référence
mettant en uvre le même système constructif, soit
un gain de 17,5 % de déchets.
Cette action, qui sest avérée efficace, est entièrement
reproductible, moyennant une phase de préparation poussée
du chantier.
Réservations
Les équipes de gros uvre et de plomberie-chauffage
ont fait les réservations avec des boîtes en contreplaqué
bakélisé utilisables au moins trois fois et qui évitent
la présence de PSE, générateur de salissures sur
le chantier et difficile à valoriser après extraction
des réservations.
Le chef de chantier a dû prévoir
des boîtes en nombre et dimensions exactes pour chaque dalle.
La fabrication et la mise en uvre des boîtes sont aisées
pour les compagnons, de plus le retrait difficile du PSE par piquage
et grattage est évité. Sur une autre réalisation
expérimentale, à Voglans, les boîtes ont été
améliorées : pyramidales, biseautées et emballées
de plastique pour optimiser le délai de décoffrage et
favoriser leur réutilisation.
Le coût de ces boîtes et celui des
réservations en PSE sont comparables. Cette technique est reproductible,
avec la mise en place dun cache étanche pour la sécurité
du personnel et la protection des réservations de la pluie après
le retrait de la boîte. Il faut empêcher lobstruction
du fond des réservations par la laitance.
Approvisionnement
Pendant la période de transition entre
la fin du gros uvre et le début du second uvre, la
grue a été laissée en place pour approvisionner
les grosses quantités de matériaux des corps détat
secondaires à chaque niveau. Les risques de casse et de gaspillage
sont ainsi limités et les matériaux sensibles sont entreposés
à labri des intempéries. Les compagnons bénéficient
dun travail moins pénible. Une attention particulière
doit être portée à la sécurité car
cette option nécessite de travailler sur des balcons difficiles
à protéger. Une bonne gestion logistique est requise pour
la mise à disposition de la grue.
La présence de la grue, à cette
étape du chantier, a un réel intérêt économique
car les pertes et les déchets sont réduits. Lécart
entre le coût de location et dutilisation de la grue et
celui de lapprovisionnement humain est largement bénéficiaire.
Elle doit être prévue dès la préparation
du chantier.
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LA VALORISATION DES DECHETS PRE-TRIES
Les matériaux faciles à identifier,
assez nombreux pour justifier un tri, pouvant être correctement
stockés et disposant dune filière locale viable
de valorisation, ont été triés sur le chantier.
Les déchets valorisables produits en petite quantité ont
été collectés dans une même benne et triés
par un prestataire de services (Trialp). 66 % du volume de déchets
ont été valorisés au total.
Produits à base de plâtre
| Quantités
de déchets de cloisons et doublages triés en phase
second oeuvre |
|
Volume
trié en m3 |
Poids
trié en kg |
%
du volume total de déchets |
| Phase
second oeuvre |
14
|
3
570
|
7
|
| Totalité
du chantier |
14
|
3
570
|
5
|
La société Placoplâtre, qui
dispose à Chambéry dune usine de recyclage pour
ses chutes de fabrication de cloisons et plaques de plâtre, envisage
à terme de recycler les déchets de chantier. Elle a accepté,
à titre expérimental, de mettre en place une benne pour
collecter les chutes de cloisons et plaques de plâtre (de marque
Placoplâtre strictement) sur ce chantier.
Pour être recyclés, les déchets doivent être
triés avec précaution. La benne doit être clairement
identifiée, isolée des autres pour éviter les dépôts
dautres déchets et correctement abritée des intempéries
par un capotage.
Pour lexpérimentation, seul a été facturé
le transport de la benne, 32 F HT/m3. Le coût de stockage étant
évité, le gain obtenu a été de 2 000 F HT
pour 3 570 kg, soit 0,56 F HT/kg, représentant 0,5 % du montant
du marché "plaques de plâtre" sur ce chantier.
Ces coûts de reprise doivent être négociés
sur chaque chantier.
Cette action est reproductible dans les régions où sont
implantés soit des usines de recyclage des cloisons et plaques
de plâtre, moyennant lacceptation des déchets de
chantier de même marque, soit un centre de regroupement avant
envoi dans des installations de recyclage.
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Emballages en PE (polyéthylène)
| Quantités
d'emballages PE triés en phase gros oeuvre et second oeuvre |
| |
Volume
trié en m3 |
%
du volume total de déchets |
Origine
des emballages |
|
Phase
gros oeuvre
|
7,8
|
11
|
Blocs
coffrants en PSE
|
|
Phase
second oeuvre
|
8
|
4
|
Produits
des divers corps d'état
|
|
Totalité
|
15,8
|
6
|
|
Le PE emballant les blocs coffrants est souvent
souillé par du ruban adhésif, les intempéries ou
des projections de béton. Le PE non souillé, moins de
50 % du volume trié, a été collecté (par
Valespace), granulé et réutilisé comme matière
première. La location, le transport et la valorisation des "big
bags" de 3 m3 ont été facturés 50 F HT/m3.
PSE (polystyrène expansé)
Les chutes de blocs coffrants et les emballages
de portes propres, en PSE, ont été collectés puis
enlevés (par Valespace), en "big bags" loués
80 F/mois, ainsi que les déchets souillés dans une benne
"incinérables/valorisables" pour un coût forfaitaire
de 50 à 77 F HT/m3.
| Quantités
de déchets de PSE triés en phase gros oeuvre et second
oeuvre |
| |
Volume
trié en m3 |
%
du volume total de déchets |
Origine
des emballages |
|
Phase
gros oeuvre
|
18
|
23,9
|
Chutes
de blocs coffrants en PSE
|
|
Phase
second oeuvre
|
5
|
2,4
|
Protection
des portes et des placards
|
|
Totalité
|
23
|
8
|
|
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LE TRAITEMENT DES AUTRES DECHETS PRE-TRIES
DIS (déchets industriels spéciaux)
| Quantités
de DIS triés en phase gros oeuvre et second oeuvre |
| |
Volume
trié en m3 |
%
du volume total de déchets |
Nature
des déchets |
|
Phase
gros oeuvre
|
0,20
|
0,27
|
Cartouches
(silicone...), emballages d'aérosols, petits récipients
de brasure de plombier
|
|
Phase
second oeuvre
|
0,10
|
0,05
|
|
Totalité
|
0,30
|
0,10
|
Les DIS ont été collectés
dans un conteneur roulant de 120 l et repris à 18 F HT/kg par
une déchetterie (exploitée par Trialp). Les aérosols
sont percés, le gaz propulseur et le jus sont récupérés
et traités séparément. Les DIS restants ont été
traités dans un autre centre (Sarp Industries Rhône Alpes).
Les déchetteries en France nacceptent pas souvent les déchets
des entreprises, même artisanales ; aussi cette action nest
pas systématiquement reproductible.
Déchets potentiellement valorisables
Un récupérateur (Fonlupt) a repris
les ferrailles et sest chargé de leur valorisation. Les
gravats minéraux, exempts de DIB, ont été utilisés
en remblai sur le site, solution conditionnée par la "propreté"
de ces matériaux. Les palettes perdues en bois sont stockées
en casier. 100 % du bois repris (par Valespace) ont été
réemployés ou recyclés en panneaux de particules.
Les déchets "incinérables/ valorisables" étaient
principalement des papiers et cartons (22 % du volume en second uvre),
triés, déchiquetés et mis en balles (par Somapa),
puis envoyés en papeterie. 90 à 95 % des papiers et cartons
ont ainsi été valorisés. Les bois, papiers, cartons...
souillés ont été incinérés dans une
chaufferie industrielle (sans récupération dénergie).
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Début des travaux : juillet 1994
Réception des travaux : juin 1995
Maître douvrage : SAIEM M. GAUTIER
- Tél. : 04 79 72 36 60
Entreprise générale : GFC M. MOINE - Tél.
: 04 76 40 00 06
Maître doeuvre : COOPERIM
Suivi interne : ESIGEC
Partenaire scientifique : SOCOTEC Environnement
Autres partenaires
Ville de Chambéry
TRIALP
Partenaires financiers
Plan Construction et Architecture
DDE de Savoie
Suivi local : BETREC M. MARTIN - Tél. :
04 76 42 17 27
Suivi national : CSTB Mme CHARLOT-VALDIEU - Tél. : 01 40 50 28
60
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| Autres
quantités de déchets collectés en phase gros
ouevre et second oeuvre |
|
|
Phase
gros oeuvre
|
Phase
second oeuvre
|
Totalité
du chantier
|
Coût
forfaitaire en F HT/m3
|
|
|
volume-m3
|
%
du total
|
volume-m3
|
%
du total
|
volume-m3
|
%
du total
|
|
Incinérables-
Valorisables
|
7
|
9,3
|
81
|
38,4
|
88
|
30,7
|
GO
: 50 ; SO : 77
|
|
Métaux
|
9,5
|
12,6
|
/
|
/
|
9,5
|
3,3
|
0
|
|
Bois
|
7
|
9,3
|
17,4
|
8,2
|
24,4
|
8,5
|
45
|
|
Palettes
|
/
|
/
|
16,7
|
7,9
|
16,7
|
5,8
|
0
|
|
Décharge
de classe II
|
25,8
|
34,3
|
69
|
32,7
|
94,8
|
33,1
|
110
|
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source PUCA "Les Chantiers Verts"
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